26 octobre 2009
Merlin
Titre Merlin
Textes Jean-Luc Istin
Illustrations et design graphique Aleksi Briclot, Jean-Sébastien Rossbach
Genre Beau livre, légende, mythologie
Publication 2009
Editeur Soleil Celtic
Pages 99 + annexes
Mon évaluation *****
Un magnifique ouvrage que j'ai voulu m'offrir
après avoir lu le billet de La Liseuse à
son sujet...
En résumé
Alors que persiste dans nos esprits l'image, imposée par Disney, d'un Merlin à la longue barbe blanche et au caractère de vieillard excentrique, trois artistes allient leur talent pour donner à ce personnage mythique une nouvelle jeunesse.
Merlin le Guerrier, Merlin le Sage, Merlin le Devin, Merlin le Passionné soumis à des amours incestueuses, ... Toutes ces facettes du maître des métamorphoses sont mises en images dans une fresque qui entraîne le lecteur dans une histoire fantastique. On découvre d'abord la conception et l'enfance de l'Enchanteur sur l'île d'Avalon, on poursuit en suivant sa mission auprès des rois de Bretagne, l'éducation du roi Arthur et on termine sur son exil du monde humain... et la promesse de son retour.
Mon avis
'Merlin' est un véritable plaisir pour les yeux qui ravira les amateurs de contes et légendes celtiques. Les textes, qui se résument à quelques lignes par page, quelques phrases éparpillées ça et là, alimentent l'imagination du lecteur sans pour autant lui donner tous les éléments du mythe. A chacun de se laisser emporter par les textes et images et de composer sa propre vision de l'histoire de Merlin.
Les illustrations sont d'une beauté et d'une qualité à couper le souffle. Les pages se savourent lentement, l'œil se délecte des moindres détails. Les jeux raffinés d'ombres et de lumières tissent efficacement une ambiance mystérieuse et magique.
L'ouvrage est préfacé par Claudine Glot, une spécialiste des mythologies celtiques et arthuriennes dont je vous avais parlé ici.
On en revient comme d'un voyage que l'on sait qu'on entreprendra de nouveau un jour et on se prend à espérer le retour promis de l'Enchanteur...
16 septembre 2009
Beowulf
Titre La Légende de Beowulf
Auteur Caitlín R. Kiernan
Genre Fantasy, mythologie
Publication 2007
Editeur Michel Lafon
Pages 241 + annexes
Mon évaluation **
Merci à celle qui se reconnaîtra pour ce prêt! Voici un récit mythique que je ne connaissais pas encore...
En résumé
Le royaume des Danes (le Danemark actuel) est frappé d'un terrible fléau. Une créature monstrueuse, nommée Grendel, massacre régulièrement les habitants et terrifie la population. Aucun guerrier ne semble de taille à se mesurer à la bête jusqu'à l'arrivée de Beowulf, un héros guède, et de ses compagnons d'arme.
Si Beowulf se révèle capable de vaincre le monstre, il n'imagine pas qu'il va réveiller la colère d'une créature plus terrible encore qui se révélera posséder des pouvoirs auxquels il ne peut se mesurer...
Mon avis
Après avoir lu les deux premiers tomes de 'La Malédiction de l'Anneau', d'Edouard Brasey, j'ai retrouvé avec plaisir l'univers des mythologies nordiques. Pourtant, je n'ai pas été transportée par cette histoire comme je l'aurais espéré.
Question de traduction peut-être, le style de l'auteur ne m'a pas convaincue sans que je puisse dire exactement ce qui m'a gênée. Des tournures de phrases parfois maladroites peut-être, des dialogues qui 'sonnent faux' (l'humour en pleine bataille, c'est bien joli dans un film et à petite dose mais dans un livre, ça ne rend pas toujours bien), un humour parfois lourd (les blagues paillardes ça m'amuse un moment mais pas tout au long d'un livre)... Les personnages ne sont pas tellement développés non plus.
Je n'ai pas encore vu le film (et je me suis laissée dire que ce n'était pas une grande perte) à la base duquel cette version romancée du mythe a été rédigée. Peut-être l'erreur du livre est-elle de suivre trop fidèlement les images du film sans analyser en profondeur la psychologie des personnages?
Malgré tout ça, j'ai été contente de découvrir enfin la légende de Beowulf et d'augmenter ma 'culture épique'. La préface, rédigée par Neil Gaiman (qui a participé à la rédaction du scénario du film) est assez amusante. Il y compare les vieilles histoires oubliées ou presques aux espèces en voie d'extinction ou disparues.
Un conseil cependant, si vous êtes fans du style, je vous recommande plutôt 'La Malédiction de l'Anneau'.
11 septembre 2009
Odd and the Frost Giants : aperçu de la nouvelle édition
Article édité suite à la remarque pertinente de Cachou!
Cette jolie édition sortira (en anglais) le 22 septembre, jour de mon anniversaire (si vous ne savez pas encore quoi m'offrir, je ne l'ai pas encore lu... ;-) ).
Dans la même veine que 'The Graveyard Book', ce court roman (128 pages) s'adresse avant tout au jeune public (mais je ne doute pas qu'il plaira aux lecteurs plus avertis également). Neil Gaiman s'est cette fois inspiré des mythologies nordiques pour nous concocter un fantastique récit d'aventure sur les terres des dieux et des géants. Le livre est illustré par Brett Helquist.
Le pitch: Odd, un garçon malchanceux se retrouve embarqué dans un voyage pour sauver Asgard, le royaume des dieux, de l'invasion des géants de glace.
Les premières pages peuvent être parcourues ici.
31 août 2009
Le sommeil du dragon
Titre Le sommeil du dragon (La Malédiction de l'Anneau, Tome 2)
Auteur Edouard Brasey
Genre Fantasy, mythologie
Publication 2009
Editeur Belfond
Pages 336 + annexes
Mon évaluation ****
Sans surprise, j'ai littéralement dévoré le deuxième tome de cette trilogie (au départ destinée à former une quadrilogie).
En résumé
Au sommet de Gnitaheid, le dragon Fafnir sommeille dans son antre, tout en veillant sur le fabuleux trésor des Nibelungen et son précieux anneau de pouvoir. Doté de prescience, le géant métamorphosé sait que son heure approche : celui qui le terrassera, un héros qui ne connaît pas la peur, est né.
L'élu en question est le fils de Siegmund et de Sieglinde, le jumeaux nés de l'union de la Walkyrie Brunehilde et de son père, Odin. Il se nomme Siegfried...
Mon avis
Dans la droite ligne des 'Chants de la Walkyrie', 'Le Sommeil du dragon' plonge une nouvelle fois le lecteur dans l'univers foisonnant et magique de la mythologie viking. Dragons, géants, nains, dieux, Walkyries, princesses, guerriers, animaux fabuleux : la galerie de personnages dépeinte par Edouard Brasey capture l'imagination et nous entraîne sur les rivages du Rhin, aux temps où l'humain côtoyait le merveilleux.
On se retrouve, pour quelques heures, dans la peau de l'enfant émerveillé à qui l'on raconte une histoire. Un seul regret, ne pas avoir le troisième tome sous la main!
A recommander à tous les amateurs de mythologie, de contes et d'aventures.
09 avril 2009
Les Chants de la Walkyrie
Titre Les Chants de la Walkyrie (’La Malédiction de l’Anneau’, Tome 1)
Auteur Edouard Brasey
Genre fantasy, mythologie
Pages 382 + annexes
Publication 2008
Editeur Belfond
Mon évaluation *****
En résumé
Depuis qu’il a porté l’anneau maudit de Nibelung, Odin, le dieu suprême, a le coeur troublé. La venue du Ragnarök, le crépuscule des dieux, est annoncée et, avec elle, la fin de la lignée divine des Ases.
Lorsqu’il apprend l’existence d’une lignée humaine de son sang, Odin reprend espoir. L’étincelle divine pourra peut-être persister au travers des hommes. Mais c’est sans compter la colère de Frigg, bien décidée à tout faire pour anéantir le fruit des amours infidèles de son majestueux époux et les machinations des ennemis des Ases.
Pour mener à bien ses désirs et contrecarrer les obstacles, Odin fait appel à sa fille préférée, la Walkyrie Brunehilde et l’envoie dans le Midgard, le monde des humains.
Mon avis
Edouard Brasey n’est pas seulement un auteur prolifique (une trentaine d’ouvrages à son actif), il est également conteur. Sa maîtrise de cet art délicat se révèle ici dans toute sa splendeur. Premier tome d’une tétralogie, “Les Chants de la Walkyrie” sont porteurs de bien des promesses...
Évasion, aventure, passions et magie sont au programme de cette très belle réécriture des sagas nordiques et de l’opéra wagnérien “Der Ring”. Les amateurs de mythologie, de fantasy mais également d’histoire y trouveront certainement leur bonheur. Edouard Brasey donne vie à une mythologie souvent complexe et difficile d’accès et ouvre ainsi aux lecteurs la porte d’un univers peu connu.
A découvrir absolument!
02 février 2009
Possession
Titre Possession
Auteur Antonia Susan Byatt
Genre Littérature d'inspiration victorienne / aventure
Publication 1990
Pages 668 (poche)
Mon évaluation ****
Merci à Katell pour cette belle découverte!
En résumé
Roland Michell est un jeune chercheur sans le sous, spécialiste d'un grand poète de l'époque victorienne nommé Randolph Henry Ash. Alors qu'il consulte un ouvrage annoté par le poète, Roland découvre avec surprise les brouillons d'une lettre d'amour rédigés par Ash à destination d'une mystérieuse inconnue. Saisi d'une impulsion inexplicable, Roland dérobe les lettres et se lance dans une enquête passionnante sur ce chapitre inconnu de la vie du poète. Accompagné d'une autre spécialiste hautaine et froide, Roland traverse l'Angleterre et la Bretagne, à la recherche du moindre élément pouvant dévoiler les versants oubliés de la biographie d'Ash. Il devra faire face à l'appétit sans scrupule de ses homologues anglais et américains à l'affut du moindre élément de la vie de leur sujet d'étude.
Mon avis
Attention: "Possession" est loin d'être un roman comme les autres. Il s'agit en effet, de l'aveu de l'auteur, d'un roman romanesque. Ce titre confère à l'écrivain, comme rappelé en premières pages du livre, "une certaine latitude en ce qui concerne sa manière autant que sa matière". Lecteurs, soyez prévenus!
S'il s'en trouve parmi vous qui sont en quête de rigueur historique, qu'ils passent leur chemin car l'histoire qui nous occupe est filée d'un tout autre coton. Que ceux qui n'apprécient que lectures faciles et légères évitent également de se plonger dans ce roman tout à fait singulier. Car c'est une œuvre qui demande du temps pour s'apprécier dans toutes ses subtilités.
Une recherche rapide sur Google vous l'apprendra: Randolph Henry Ash, le fameux poète au cœur du roman, n'a jamais existé. Et pourtant, si je ne m'en étais pas assurée de cette manière, j'aurais tout à fait pu croire à son existence. Dès le premier chapitre, A.S. Byatt nourrit en effet son intrigue d'extraits de fascinants poèmes imprégnés de mythologie, des questions existentielles qui commençaient à tourmenter nos ancêtres victoriens et du succès, par conséquent, des séances de spiritisme.
Cette abondance d'extraits fictifs est parfois, il faut le reconnaître, difficile à ingurgiter (c'est souvent très complexe et confus). Raison pour laquelle je recommande aux lecteurs tentés par l'aventure de consacrer du temps à la découverte de ce "concentré d'œuvres". Car c'est bien de cela qu'il s'agit: "Possession" comporte une série d'histoires qui se croisent en une multitude de rapports: les œuvres des poètes fictifs (de "Mélusine" à "Ragnarök"), leur correspondance, les journaux intimes de leurs contemporains, ... s'imbriquent dans l'enquête des chercheurs et l'histoire oubliée que leurs errances dévoilent.
J'ai été impressionnée par la qualité d'écriture de ce roman ainsi que par sa profondeur. Il mérite certainement que je le lise à nouveau, d'ici quelques temps, pour en saisir tous les éléments. Je le recommande chaleureusement à tous les amoureux de mythologies, d'histoires de métamorphoses, de l'époque victorienne et de poésie.
Adaptation cinématographique
"Possession" a été adapté sur grand écran en 2002 par Neil Labute avec, notamment, Gwyneth Paltrow et Aaron Eckhart. La bande-annonce laisse penser que le film se concentre principalement sur l'histoire d'amour des poètes et je crains qu'il ne développe fort peu les aspects philosophiques de l'œuvre. Quoi qu'il en soit, j'aimerais le voir prochainement!

