28 octobre 2009
L'âge des méchancetés
Titre L'âge des méchancetés
Auteur Fumio Niwa
Genre Nouvelle
Première publication 1947
Édition lue Folio 2 €
Pages 101
Mon évaluation ***
Chose promise, chose due! Je relève le défi lancé par Cynthia de manière un peu plus 'honnête' et fais par la même occasion diminuer ma graaaande pile de livres à 2 € à lire (ben oui quand j'en vois, je ne peux pas m'empêcher de les acheter!).
En résumé
Dans le Japon d'après-guerre, Fumio Niwa dépeint d'une plume féroce et exacerbée l'histoire d'une famille condamnée à supporter la présence d'une grand-mère acariâtre, impotente et cleptomane.
Lorsque Senko, la plus riche des 3 petites filles de l'aïeule, se voit confier la charge de loger la grand-mère, son mari ne supporte que quelques semaines la situation. Le couple décide alors de renvoyer la vieille chez Sachiko, la plus pauvre des petites filles, qui a été relogée avec sa famille dans une partie de maison à la campagne suite à la guerre. La plus jeune des sœurs, Ruriko, sera chargée de l'amener à destination en la transportant sur son dos, comme un sac.
Mon avis
Dès les premières lignes de la nouvelle, Fumio Niwa donne le ton : que le lecteur n'attende pas de lui qu'il prenne des baguettes pincettes pour raconter cette histoire! Le voilà propulsé, la nuit, dans une maison japonaise, dont le respectable propriétaire se rend au petit coin. Une voix calme et tremblotante s'élève dans la nuit : 'Qui est-ce?'. La question, d'apparence banale, déclenche la colère de l'homme qui invective la vieille... et le lecteur de se prendre de pitié pour cette pauvre femme.
Le malaise du lecteur s'accroît au fil des pages, lorsque, pour se débarrasser de la vieille, on la transporte comme un sac, sans souci pour les douleurs qu'elle éprouve de se voir ainsi malmenée...
Et pourtant, lorsqu'elle débarque chez Sachiko et son mari, qui tout pauvres qu'ils sont, s'acquittent de leur devoir filial, la vieille change de visage. De persécutée, elle devient persécutrice, au point qu'on se demande de quel côté est le bien et où se trouve la morale.
Un texte féroce, qui fait beaucoup réfléchir sur notre façon de traiter les personnages âgées mais aussi sur les ravages de la vieillesse et le choc des générations, et sourire aussi...
- Grand-mère, vous tiendrez jusqu'à 90 ans!
- 90 ans?!? Elle va encore vivre 5 ou 6 ans! Non, je ne le supporterai jamais. Nous serons morts avant.
17 octobre 2009
L'Ombre du Vent
Titre L'Ombre du Vent
Auteur Carlos Ruiz Zafon
Genre Inclassable (entre aventure et enquête sur de sombres secrets, le tout agrémenté d'une pointe de fantastique)
Publication 2004 (version française)
Editeur version française Grasset
Edition lue Le Livre de Poche (2006)
Pages 636
Mon évaluation *****
Merci à Lise pour ce billet d'évasion dans la Barcelone d'après-guerre et cette très belle découverte!
En résumé
Daniel Sempere est le fils d'un libraire spécialisé dans les livres anciens. Un matin de 1945, alors que Daniel s'affole d'avoir oublié le visage de sa mère, morte quelque temps auparavant, son père l'emmène dans un endroit magique et caché de Barcelone : le cimetière des livres oubliés. Dans ce lieu fantastique sont conservés des milliers de livres perdus ou abandonnés. Comme tout visiteur de cet endroit mythique, Daniel est invité à choisir un livre qui le suivra toute sa vie. Lorsque son regard s'arrête sur un livre intitulé "L'Ombre du Vent", signé par un certain Julian Carax, l'enfant sait qu'il a trouvé l'ouvrage qui lui est destiné.
Après l'avoir dévoré en une nuit, Daniel s'interroge: qui est ce mystérieux auteur que tout le monde semble avoir oublié? Pourquoi ses ouvrages ne sont-ils disponibles nulle part? Commence une grande enquête qui l'accompagnera jusqu'à l'âge adulte et à laquelle se mêleront les expériences qui forgeront l'homme qu'il deviendra.
Mon avis
Voici un roman que tous les amoureux de livres devraient lire. "L'Ombre du Vent" est un véritable hymne à la lecture et à l'imaginaire, bourré de poésie, d'humour et d'aventure. Carlos Ruiz Zafon emporte le lecteur dans un tourbillon d'histoires enchevêtrées les unes dans les autres dans le somptueux décor de la Barcelone d'après-guerre. On dévore ces 600 pages sans effort et on en ressort étourdi, comme au réveil d'un rêve étrange...
'L'Ombre du Vent' m'a procuré le même type d'émotion que 'Le Treizième Conte'. Je me suis littéralement sentie aspirée par l'histoire qui m'a accompagnée plusieurs jours, même après que j'aie tourné la dernière page. Je vais donc m'offrir très prochainement 'Le Jeu de l'Ange', le second livre de cet auteur espagnol, que l'on voit actuellement partout.
Un belle découverte donc! Je dois dire que je n'avais jamais pris la peine d'examiner de plus près ce livre que j'ai pourtant dû croiser à de multiples reprises dans les détours des librairies.
A recommander aux amateurs des histoires de secrets de famille, de destin maudit et d'amours condamnées.
27 novembre 2008
Les Gadoues
Titre Les Gadoues
Auteur Philippe Delepierre
Genre Littérature contemporaine français
Publication 2007
Pages 357 (poche)
Mon évaluation ***
En résumé
Dans les années 60, au cœur d'une petite ville ouvrière en pays ch'ti, grandissent des gamins nés aux lendemains de la guerre. Parmi eux, Gill n'est pas le dernier à faire les 400 coups. Qu'il s'agisse de libérer les rats et grenouilles condamnés à la dissection au cours du sciences nat' ou de récupérer la poudre à lessiver impropre à la vente qu'on décharge dans les gadoues (la décharge), il est toujours prêt!
Entouré d'une galerie de personnages plus drôles et attendrissants les uns que les autres (Marie-Rose et Fernand ses parents, "Trisomic-Marcel" son frère handicapé mental, Framboise, la fille de ses rêves, Nadège, sa voisine, et son amoureux Moreto, le beau gosse du coin, ...) , Gill vit un tas d'aventures tantôt comiques, cocasses, dangereuses ou instructives et dévoile quelques souvenirs de guerre que les adultes auraient préféré oublier.
Mon avis
Un livre divertissant, intelligent et drôle à découvrir de toute urgence! Je me suis vraiment régalée en compagnie des personnages de Philippe Delepierre.
Au-delà de l'humour qui se dégage des aventures de Gill, c'est toute l'atmosphère de la vie dans les années 60 qui se révèle dans "Les Gadoues". Les adultes tentent de reconstruire une vie normale aux lendemains de la guerre, les personnes âgées gardent la rancœur bien ancrée au fond d'eux, les collabos tentent de faire oublier leur passé, ... et les enfants grandissent sans jamais vraiment saisir tous les aspects du traumatisme de leurs aînés.
Principalement écrit à la première personne (le narrateur étant Gill), ce livre sympathique est également truffé de références littéraires en tout genre. Des amours de Julien Sorel aux aventures de Rouletabille, en passant par une prof surnommée Folcoche, les bibliophiles se régaleront de tous ces clins d'oeil de l'auteur.
Merci à mon père de m'avoir fait découvrir ce livre.
Je me lancerai certainement bientôt dans la lecture de "Fred Hamster et Dame Lilas", du même auteur, qui se déroule à la même époque et dans la même ville et met en scène le meilleur ami de Gill.
13 novembre 2008
De zevende kamer
Titre De zevende kamer (La 7ème chambre)
Auteur Pieter Aspe
Genre Policier
Publication 2008
Pages 289
Lu en néerlandais
Mon évaluation ****
En résumé
Grand amateur de Duvel, fumeur invétéré armé d'un sens de l'humour bien affuté, le commissaire brugeois Van In n'a que faire des règlements et des procédures. Quand un crime est commis, il cherche la vérité quoi qu'il lui en coûte, avec l'aide de l'inspecteur Versavel, son parfait opposé (homosexuel calme et posé, ne buvant pas une goutte d'alcool).
Lorsqu'il apprend qu'un homme fort du parti socialiste a été assassiné aux alentours de Bruges mais que l'enquête est confiée à la police fédérale, son sang ne fait qu'un tour. Alors que, sous la pression des élections toutes proches, chacun cherche à étouffer l'affaire, Van In s'acharne à suivre une piste délaissée, (volontairement?) par la police fédérale. Elle mène tout droit à la "Villa Papillon", une maison close de luxe fréquentée par l'ensemble des hommes de pouvoir de la région.
Mon avis
Le nom de Pieter Aspe n'évoque pas grand chose à la plupart des oreilles francophones et pourtant, c'est une véritable star de la littérature en Flandre, où 1 personne sur 5 possède au moins un de ces romans dans sa bibliothèque, et aux Pays-Bas. Là, les aventures du commissaire Van In font un tabac. Elles sont adaptées en série télévisée... et même en jeu de rôle!
La notoriété de Pieter Aspe ne devrait néanmoins pas tarder à s'étendre en terre francophone puisque son premier roman a été traduit et est paru cette année sous le nom du "Carré de la Vengeance" chez Albin Michel. Les critiques sont à première vue positives et vont même jusqu'à le surnommer le "Simenon flamand".
Mais trêve de mise en contexte, voici mon avis personnel sur "Zevende Kamer", le dernier roman de Pieter Aspe, qui n'a malheureusement pas encore été traduit en français.
Ce qui frappe, dès la lecture des premières lignes, c'est l'ambiance que Pieter Aspe parvient à instaurer sans artifice. L'écriture est simple, limpide et directe. Pas de recherche excessive de belles phrases, l'histoire se déroule et glisse sans à coup et on y plonge avant même de s'en être rendu compte. Une série de détails issus du quotidien renforcent, dans mon cas, l'impression de familiarité: la machine Senseo, les Duvel à la brasserie du coin, la pluie quasi incessante... On est indubitablement en Belgique!
Sous la trame de l'intrigue policière se devine en filigrane une subtile critique du système judiciaire, social et politique belge. Une bonne dose d'humour vient relever le tout.
Un auteur que, vous l'aurez deviné, je vous recommande chaleureusement de découvrir!
En savoir plus
Un article du Figaro sur "Le Carré de la Vengeance".
27 octobre 2008
Bartleby le scribe
Titre Bartleby le scribe
Auteur Herman Melville
Genre Nouvelle
Publication 1856
Pages 79 (poche)
Mon évaluation ****
En résumé
New-York, XIXème siècle. Le conseiller à la cour de Chancellerie, homme de loi d'âge mûr, est à la tête d'une équipe de deux scribes au caractère bien trempé et d'un jeune assistant. Pour renforcer sa main d'oeuvre, il engage un certain Bartleby. Si ce dernier étonne tout d'abord par son application au travail, il provoque très vite l'incompréhension et la stupéfaction lorsque, sollicité pour remplir certaines tâches, il refuse, sans autre forme d'explication que cette phrase: "je préfère pas".
Au fil des jours, les "préférences" de Bartleby s'affirment de manière de plus en plus fréquente jusqu'à ce que le conseiller se retrouve totalement dépassé par le caractère incongru et imprévisible de son employé et le grotesque de la situation.
Mon avis
Avec "Bartleby", Herman Melville, auteur de Moby-Dick, entraîne le lecteur, à la suite du malheureux narrateur, dans un tourbillon de scènes plus cocasses les unes que les autres... pour son plus grand ravissement! Témoin de la progression de l'envahissement de Bartleby, le lecteur est aux premières loges du spectacle et observe avec incrédulité la situation devenir de plus en plus inextricable. Impossible, face à cet enchaînement grotesque, de ne pas se mettre dans la peau du conseiller pour imaginer comment, dans la même situation, il aurait réagi pour s'extirper de ce cycle infernal! Impossible également de ne pas reconnaître de situations vécues (à moindre échelle) dans les ennuis provoqués par un "incruste" et les difficultés à prendre des décisions radicales.
"Bartleby" m'a énormément rappelé "Mr Bernardin", le voisin encombrant des "Catilinaires", d'Amélie Nothomb. Je ne serais d'ailleurs pas étonnée que ce dernier ait été inspiré par le personnage du scribe.
En bref, une délicieuse nouvelle, distrayante et pleine d'humour, à savourer d'urgence! Merci à Levraoueg pour cette découverte!
23 octobre 2008
The Canterville Ghost...
Titre The Canterville Ghost and Other Stories (Le fantôme de Canterville et autres nouvelles)
Auteur Oscar Wilde
Genre Nouvelles / Classique
Publication du recueil en 2001 (publication des nouvelles au XIXème)
Pages 69
Lu en anglais
Mon évaluation *****
En résumé
Une famille américaine s'installe dans un vieux manoir anglais malgré les avertissements du propriétaire que celui-ci est hanté. Il l'est, en effet... Mais le fantôme, qui terrorise depuis des siècles les habitants de "Canterville Chase", ne se doute pas que terrifier des Américains à l'esprit pragmatique et capitaliste se révélera un défi de taille!
Un homme, obsédé par le souvenir d'une femme mystérieuse dont il était amoureux, ne cesse de chercher à percer son secret.
Un bellâtre sans grand esprit trouve de manière inattendue la clé de la fortune.
Un chiromancien révèle à un jeune lord qu'il est destiné à perpétrer un meurtre. D'abord désemparé face à ce sombre destin, le jeune homme accepte finalement la fatalité du devoir qui lui incombe et cherche à remplir sa mission, convaincu de la justesse de sa décision.
Ces quatre nouvelles du grand écrivain irlandais sont rassemblées dans ce recueil qui comprend également quelques poèmes en prose.
Mon avis
Un véritable plaisir de lecture de la
première à la dernière ligne. Humour "british", mystère, aventure,
passion, folie et tragédie s'enchaînent et se mélangent de façon délicieusement subtile et intelligente. C'était la première fois que je
lisais cet auteur (Eh oui! Ça manquait à ma culture littéraire!) et
j'ai adoré autant au point de vue de la forme que du fond.
Sous certains angles, ses nouvelles m'ont rappelé celles de Maupassant. Oscar Wilde et ce dernier étaient d'ailleurs contemporains, je me demande s'ils se sont influencés ou si c'est l'époque qui leur a donné le même style narratif irrévérencieux, moqueur et cynique sans pour autant verser dans le pathos.
Les quelques poèmes en prose, en fin de recueil, sont particulièrement émouvants et sombres (je pense que la plupart ont été rédigés suite aux 2 années de prison auxquelles il a été condamné pour homosexualité) même s'ils sont plutôt difficile à lire en anglais (beaucoup de formulation en vieil anglais par rapport au reste du recueil qui est très accessible). J'ai eu des frissons en arrivant aux conclusions de certains d'entre-eux.
Bref, je vous recommande chaudement cette lecture! D'autant que le recueil ne coûte que quelques euros...
24 septembre 2008
Joséphine
Titre Joséphine
Auteur Pénélope Bagieu
Genre BD
Publication 2008
Pages 60
Mon évaluation ****
En résumé
Joséphine est une trentenaire célibataire qui vit en appart', en compagnie de son chat. Constamment en quête de l'homme idéal, cette "Ally Mc Beal"de la pub, que j'imagine parisienne, vogue d'aventures en mésaventures amoureuses. Et ce ne sont pas ses collègues (une chipie et un macho), ni sa famille (super snob), ni ses complexes (de "légères" rondeurs au niveau des hanches et des fesses) qui vont l'aider à gagner confiance en elle! Joséphine peut heureusement compter sur Rose, sa meilleure amie.
Mon avis
Après avoir régalé des centaines de lectrices (et de lecteurs) avec "Ma vie est tout à fait fascinante", Pénélope Bagieu démontre qu'elle a plus d'un tour dans son sac (très tendance sans doute!) en créant un personnage attachant dans lequel pas mal de filles vont, encore une fois, se reconnaître.
On retrouve dans "Joséphine", les ingrédients du succès de "Pénélope Jolicoeur": le ton résolument féminin, l'humour qui se tapit dans le quotidien le plus banal (le retour de vacances, l'inscription dans un club de gym, ...), les détails qui ajoutent d'autant plus de saveur à chaque gag (les fringues de Joséphine, les expressions des personnages secondaires, ...).
A côté de ces éléments, "Joséphine" apporte également un renouveau au style de l'auteur puisqu'ici les gags se déroulent en général sur plusieurs cases (par rapport aux illustrations uniques pour chaque situation de "Ma vie est tout à fait fascinante").
Un album à ne pas rater pour toute "fan de girly" qui se respecte! A lire affalée dans le divan en dégustant des macarons ou dans un bon bain mousse bien chaud: dissipation immédiate du winter blues ou de tout autre spleen garantie!
01 septembre 2008
Ma vie est tout à fait fascinante
Titre Ma vie est tout à fait fascinante
Auteur Pénélope Bagieu
Genre BD
Publication 2008
Pages 94
Mon évaluation ****
En résumé
Chaque page de "Ma vie est tout à fait fascinante" est une tranche de vie de Pénélope Jolicoeur, le double-dessiné de Pénélope Bagieu (l'auteur). Jeune et coquette parisienne, fan de mode et de nouvelles technologies, gourmande, amoureuse, tour à tour déjantée et découragée (face à des tonnes de boulot par exemple), Pénélope livre un kaléidoscope de situations loufoques ou cocasses de la vie quotidienne dans lesquelles beaucoup se reconnaîtront.
Mon avis
J'ai découvert Pénélope par l'intermédiaire de son blog (http://www.penelopejolicoeur.com) qui est très vite devenu une escale obligatoire lors de mes connexions sur la toile. Chaque jour (ou presque), une nouvelle illustration est publiée et je ne suis jamais déçue!
Le livre est aussi savoureux que le blog et je ne me lasse pas de redécouvrir son contenu à chaque occasion. Chaque dessin est un véritable petit bijou d'humour et de sensibilité. On passerait des heures (affalée dans un divan, avec des macarons à portée de main et un ipod sur les oreilles) à observer chaque illustration. Pénélope parvient, en une scène, à raconter toute une histoire, tant les moindres détails sont pertinents.
J'ai eu l'occasion de rencontrer l'auteur lors d'une séance de dédicaces à Bruxelles et elle est tellement à l'image de son perso que ça en est bluffant. Elle est aussi, soit dit en passant, extrêmement sympathique et chaleureuse.
Un essentiel "girly" (mais qui fera sans doute rire les mecs aussi!)!
A découvrir
Le blog (bien évidemment)
Le second livre de Pénélope Bagieu, intitulé "Joséphine", sortira le 18 septembre en librairie (en France d'abord je suppose).
