04 novembre 2009
Prochainement sur vos écrans
Avec les fêtes de fin d'année qui approchent, les programmes de cinéma deviennent de plus ou plus fournis! C'est le moment des grandes sorties que de nombreux cinéphiles attendent (dont moi, je l'avoue). Cette année ou au début de la suivante, pas mal d'adaptations d'œuvres littéraires débarquent sur grand écran. Quelques exemples...
Les dates mentionnées sont celles de la sortie prévue en Belgique.
18 novembre, 'New Moon'
Le second chapitre de la saga de Stephenie Meyer est mis en images par Chris Weitz. Le premier film, réalisé par Catherine Hardwicke, m'avait permis de découvrir ces best-sellers vampiriques et de m'y plonger avidemment! Je suis curieuse de voir la suite...
25 novembre, 'A Christmas Carol'
Robert Zemeckis signe l'adaptation 3D de l'oeuvre de Charles Dickens avec, dans plusieurs rôles, Jim Carrey.
2 décembre, 'The Road'

Viggo Mortensen prête ses traits au héro du best-seller (et prix Pulitzer) de Cormac McCarthy.
23 décembre, 'Where the wild things are'

Probablement plus connu pour les francophones sous le nom de 'Max
et les Maximonstres'! L'œuvre pour enfants de Maurice Sendak est
portée à l'écran dans un film qui s'adresse au même public (ou pour ceux qui ont gardé une âme d'enfant).
20 janvier, 'The Lovely Bones'
Peter Jackson s'attaque à l'adaptation de 'La Nostalgie de l'Ange',
un roman à succès d'Alice Sebold, qui raconte l'histoire d'une
adolescente assassinée qui cherche, depuis l'au-delà, à dénoncer son
meurtrier. Je n'ai pas encore lu le roman mais c'est pour bientôt. Les
premières images que j'ai pu voir dans les bandes-annonces sont en tout
cas très prometteuses. C'est Saoirse Ronan ('Atonement', 'City of
Ember', ...), une jeune actrice que je trouve époustouflante, qui tient
le rôle principal.
24 mars, 'Alice in Wonderland'

Le nouveau film de Tim Burton promet d'être très réussi au niveau
graphique, c'est en tout cas ce que les extraits laissent espérer! On y
retrouvera bien sûr l'excellent Johnny Depp dans le rôle du chapelier
fou!
22 mai 2009
Millenium, Män som hatar kvinnor
Réalisation Niels Arden Oplev
D'après le roman de Stieg Larsson
Année 2009
Genre thriller
Mon avis *****
Je ne romps pas avec la grande tendance actuelle des blogs! Voici ma critique du film suédois événement.
L'histoire
Mikaël Blomkvist,
rédacteur en chef de la revue d’investigation économique Millénium,
voit sa réputation réduite en cendres suite à une sombre histoire de
diffamation. A sa grande surprise, il est contacté par Henrik Vanger,
ancien chef d’entreprise d’un grand groupe suédois. Celui-ci lui confie
une enquête hors du commun: découvrir ce qu’il est advenu d’Harriet Vanger, sa petite nièce, disparue presque 40 ans plus tôt.
Lisbeth Salander, une jeune femme perturbée aux aptitudes hors du
commun, l'aidera à percer ce mystère à première vue insondable.
Mon avis
Adapter un best-seller se révèle
toujours un exercice périlleux. Il y a les attentes des fans, le mythe
qui s'est rapidement construit autour des personnages, l'idéalisation
de l'oeuvre... Tous ces éléments renforcent le défi que représente déjà
à la base la réalisation d'un film. Niels Arden Oplev et son équipe
l'ont relevé avec brio. 'Millenium' compte certainement parmi les
meilleures adaptations d'oeuvres littéraires sur grand écran que j'ai
vues jusqu'à présent.
L'atmosphère typiquement suédoise, qui m'avait séduite dans le livre,
est bel et bien présente dans le film. Je bénis le fait que ce soit une
équipe de ce pays qui se soit chargée de l'adaptation! Une adaptation
américaine par exemple, aurait sans doute empêché le côté authentique
de se développer pleinement.
Le véritable personnage principal de ce premier opus de la trilogie
n'est clairement par Mikaël Blomkvist mais bien Lisbeth Salander.
Incarnée par Noomi Rapace, la jeune hackeuse au passé torturé crève
littéralement l'écran. Comme dans le livre, elle parvient, dès sa
première apparition, à capter instantanément l'intérêt du spectateur.
Il se dégage de son interprétation une véritable force et un charisme
remarquable. On vit littéralement chacun de ses combats, ses
expériences tragiques et ses vengeances.
On compte très peu de différences entre la version écrite et son
adaptation cinématographique. Quelques passages de l'histoire sont
suggérés sans être explorés. Les aventures amoureuses de Mikaël
Blomkvist, par exemple, sont éludées. L'affaire Wennerström est moins
détaillée que dans le livre.
Un petit détail qui a encore amélioré mon opinion du film: pour une fois, les passages où les personnages utilisent des ordinateurs sont réalistes! On reconnait très bien l'interface Mac OS, la manière d'utiliser Photoshop... Bref, pour une fois les passages informatiques sont crédibles!
En définitive, le réalisateur a réussi à faire vivre l'œuvre sur
écran. Il nous en offre une lecture personnelle qui ravira les fans et
séduira probablement la partie du public qui n'a pas (encore) découvert
l'oeuvre de l'auteur suédois. A voir!
05 janvier 2009
Le livre mystère
Titre Twilight (Twilight, New Moon, Eclipse, Breaking Dawn)
Auteur Stephenie Meyer
Genre Fantastique
Publication 2005, 2006, 2007, 2008
Pages 544 + 608 + 672 + 768
Lu en anglais
Mon évaluation *****
En résumé
C'est à contrecœur que Bella Swan, 17
ans, quitte le soleil de Phœnix et la maison de sa mère pour
s'installer auprès de son père dans la petite ville perpétuellement
nuageuse et humide de Forks. Alors qu'elle craignait de s'ennuyer à
mourir dans cette nouvelle vie, Bella découvre petit à petit que plus
d'un mystère se cachent derrière les apparences paisibles de la
ville... Le moindre d'entre eux n'étant pas Edward Cullen dont la
beauté envoutante et les attitudes contradictoires ne cessent de
l'intriguer.
Malgré les avertissements de l'intéressé et ce que lui souffle sa raison, Bella cède aux sentiments qui l'attirent vers Edward sans se douter que ses choix affecteront également ses proches et leur sécurité et changeront pour toujours sa vision de la réalité.
Mon avis
Voici
enfin venu le moment de vous révéler les livres coupables de mon
retrait de la vie sociale ces dernières semaines. J'en entends déjà
parmi vous soupirer: "Aaaah non pas ça! Pas Twilight, on en parle
partout! Stooooop!". Eh oui, je l'avoue, j'ai été mordue moi aussi!
D'abord par le film de Catherine Hardwicke (que je trouve
magnifiquement réalisé et dont j'adore la b.o.) et ensuite par ces 4
briques que sont les tomes de la série.
Premières impressions, juste après avoir tourné la dernière page: j'ai vraiment passé de très bons moments. Certes, il ne s'agit pas d'un chef d'œuvre de la littérature mais, comme je l'ai déjà dit, mon exigence première en matière de lecture est de pouvoir m'évader. Là, pas de doute, "Twilight" m'a emportée de l'autre côté de l'océan après quelques pages tournées (au point que j'ai failli manquer mon arrêt de train quelques fois...).
L'écriture de Stephenie Meyer, en anglais (je précise car il semble que le ton de la VF soit plus gnangnan),
est légère et spontanée. Les touches d'humour, disséminées dans les
livres, font un contrepoint agréable aux passages romantiques. Les
personnages ont chacun leurs tics de langage, leurs expressions, qui
les rendent attachants (j'adoooore le style de Jacob Black!).
Certaines caractéristiques de Bella ont sans doute favorisés mon identification au personnage (sa maladresse légendaire, son goût pour la littérature...) et mon immersion dans l'histoire.
Évidemment, la série a ses défauts. Si j'ai adoré le premier et le deuxième tome, les 3ème et 4ème m'ont semblé trainer en longueur à certains moments et virer dans des situations amoureuses trop exagérées pour être crédibles. Par moment, ça m'a rappelé des passages de mangas "shojo" rocambolesques. Mais soit, si on se met dans l'état d'esprit adéquat, ça se lit sans aucun problème...
En y réfléchissant, je pense
que ce qui m'a conquise dans "Twilight", c'est l'atmosphère et surtout,
l'idée que les mythes et les légendes sont peut être cachés dans notre
quotidien. Le décor de lycée du premier tome m'a semblé tellement
familier et plausible qu'il m'arrivait, en fermant le livre, de devoir
attendre quelques secondes pour que le sens de la réalité me revienne.
Alors, même si la série a ses défauts, je dis merci à Stephenie Meyer de m'avoir offert ces quelques heures d'évasion!
et j'ai même réussi à composer ma critique sans écrire une seule fois le mot qui commence par V ...
03 novembre 2008
Son poignard d'Ingres
C'est sous ce vocable original que Maurice Leblanc désignait le personnage qui fit son succès: Arsène Lupin (anecdote découverte dans cet ouvrage). De quoi surprendre pas mal d'amateurs du gentleman cambrioleur: l'auteur ferait-il preuve d'ingratitude face à la renommée littéraire procurée par sa création?
En détournant la fameuse expression du "violon d'Ingres", Maurice Leblanc cherchait à exprimer les sentiments ambigus qui l'affectaient. S'il prenait plaisir à rédiger les aventures du plus célèbre cambrioleur du XXème siècle, l'auteur souhaiterait désespérément faire reconnaître ses talents d'écrivain dans d'autres genres littéraires plus "sérieux".
A la même époque, de l'autre côté de la Manche, un autre auteur étouffe sous le succès de son personnage. Ce dernier est à l'opposé du cambrioleur puisqu'il est le plus célèbre détective de son temps: Sherlock Holmes. Arthur Conan Doyle déclare même à son sujet: " Je le tuerai ou c'est lui qui me tuera!". Il met sa menace à exécution dans "Le Problème final" qui relate la fin de son héros: ce qui lui vaudra la colère de ses lecteurs... jusqu'à ce qu'il publie "Le Chien des Baskerville" (une nouvelle aventure du détective qui se déroule avant la mort de Sherlock Holmes).
Curieuse situation tout de même que celle de ces auteurs littéralement dépassés par le succès de leur personnage... au point d'en devenir prisonnier! Je m'interroge parfois sur l'avenir de J.K. Rowling, par exemple, qui a annoncé vouloir s'éloigner du sorcier le plus célèbre du XXIème siècle pour s'essayer à d'autres genres. Et vous?
29 octobre 2008
Les plus grand succès du XXème siècle
Titre L'histoire des plus grands succès littéraires du XXème siècle
Rédigé sous la direction de Raphaële Vidaling
Genre Documentaire
Publication 2002
Pages 191
Mon évaluation ***
En résumé
"Bonjour Tristesse", "Des souris et des hommes", "L'Amant", "Le Nom de la Rose", "Le Petit Prince", "L'étranger", "Le Seigneur des Anneaux", "A la recherche du temps perdu"... Des titres qui ont marqué la littérature du XXième siècle au point de faire partie de notre culture. Des romans qui, au-delà de leurs qualités littéraires, ont conquis le grand public.
La rédaction de cette "Histoire des plus grands succès littéraires du XXème siècle" revient pour nous sur chacun de ces ouvrages marquants, leur propos, leur auteur et les raisons possibles de leur succès. Des anecdotes sur la vie des auteurs ou le succès inattendu de leurs œuvres, viennent ponctuer chaque description. Quatre pages sont consacrées à chaque roman sélectionné: on y retrouve une grande photo de la couverture d'origine, la première phrase du livre, un résumé de l'intrigue, une biographie de l'auteur, une analyse du succès de l'ouvrage et éventuellement quelques anecdotes.
Mon avis
J'ai découvert ce livre en flânant dans la bibliothèque de ma ville. Pensant qu'il m'aiderait à augmenter ma culture littéraire et à déterminer quelques "lectures essentielles", je l'ai emporté chez moi. C'était une très bonne idée: cet ouvrage est réellement passionnant et, malgré ce que l'on pourrait croire, très agréable et facile à lire.
On y apprend des tas d'anecdotes intéressantes, drôles ou touchantes: Saviez-vous par exemple que c'est vexée d'avoir raté ses examens que Françoise Quoirez, 18 ans, a écrit en 6 semaines "Bonjour Tristesse"? Qu'Agatha Christie a créé le personnage d'Hercule Poirot pour tromper l'ennui en l'absence de son mari, parti à la guerre? Qu'elle s'est inspirée pour ses histoires des poisons et antidotes qu'elle concoctait en tant qu'infirmière? Que Kafka avait exigé de son ami Max Brod qu'il brûle tous ses manuscrits après sa mort, volonté que ce dernier n'a pas respecté puisque Kafka a connût le succès de façon posthume?
En bref, un ouvrage agréable à feuilleter et à lire de temps en temps (ce n'est évidemment pas le genre de livre qu'on lit d'une traite) pour tous les passionnés de littérature. En particulier, pour ceux qui désirent se composer une liste de lecture "XXième siècle".
03 octobre 2008
Le treizième conte
Titre Le treizième conte
Auteur Diane Setterfield
Genre Gothique / Littérature anglaise
Publication 2006
Pages 563 (poche)
Mon évaluation *****
En résumé
Margaret Lea est
une jeune femme effacée qui préfère la compagnie des livres à celle de
ses semblables. Avec son père, elle tient une boutique de livres
anciens et passe le plus clair de son temps immergée dans l'univers des
romans de Jane Austen, des soeurs Brontë, de Dickens, des romans
gothiques... Bref, elle ne "fréquente" que des auteurs morts.
Quelle n'est donc pas sa surprise lorsqu'elle reçoit un mystérieux
courrier signé par la plus célèbre auteur de best-seller de son époque,
Vida Winter. Au crépuscule de sa vie, l'écrivain de légende annonce à
Margaret qu'elle l'a choisie pour rédiger sa biographie. Rien de plus
étonnant de la part d'un auteur qui a passé son temps à brouiller les
pistes en s'inventant des passés plus extravagants les uns que les
autres. Plus surprenant encore: pourquoi confier ce travail à quelqu'un
qui n'a jamais lu la moindre seule ligne de son œuvre?
Décidée à refuser la mission, Margaret se laisse pourtant séduire par
les talents de conteuse de Vida Winter et plonge dans une histoire
familiale aux méandres insoupçonnés...
Mon avis
Attention: coup de cœur! Vrai coup de cœur: l'un de ces rares livres dont je sais à coup sûr qu'ils feront toujours partie de ma bibliothèque et m'accompagneront encore longtemps, destinés à être lus et relus et relus...
Si Vida Winter parvient, dès les premières lignes, à prendre les lecteurs au piège de ses récits, Diane Setterfield n'est pas en reste. Et il s'agit là de son premier roman. Je n'avais encore jamais lu un auteur contemporain (sauf peut-être Susanna Clarke, auteur de Jonathan Norrell & Mister Strange) qui parvienne à ce point à recréer l'ambiance des romans anglais des siècles passés. Une ambiance gothique mais jamais effrayante, des destins terribles mais des personnages toujours attachants: tous les éléments sont réunis pour ravir les amateurs du genre!
Les amoureux de lecture et de vieux livres trouveront également leur bonheur dans ce roman qui décrit comme nul autre toutes les sensations procurées par la littérature et la relation inestimable qui lie le lecteur au récit.
Un livre idéal pour l'automne et l'hiver, à lire en buvant une bonne tasse de chocolat (comme mentionné à multiples reprises dans le livre)!
Je vais maintenant prendre quelques minutes pour prendre note de tous les ouvrages mentionnés dans le roman afin de les ajouter à ma liste à lire...
Liens
Le site officiel étant apparemment inaccessible, je vous recommande une interview de l'auteur sur un site anglais, bookreporter.
04 septembre 2008
Les hommes qui n'aimaient pas les femmes
Titre Les hommes qui n'aimaient pas les femmes (Millénium t.1)
Auteur Stieg Larsson
Genre Thriller
Publication 2005
Pages 574
Mon évaluation *****
En résumé
Mikaël Blomkvist, rédacteur en chef de la revue d’investigation économique Millénium, voit sa réputation réduite en cendres suite à une sombre histoire de diffamation. A sa grande surprise, il est contacté par Henrik Vanger, ancien chef d’entreprise d’un grand groupe suédois. Celui-ci lui confie une enquête pas comme les autres: découvrir ce qu’il est advenu d’Harriet Vanger, sa petite nièce, disparue… 36 ans plus tôt.
Je n'en dit pas plus pour ne rien révéler de l'intrigue!
Mon avis
Ouvrir les premières pages de Millénium, c’est plonger sans crier gare dans un style et une ambiance résolument nordique. Comme l’indique son nom, l’auteur, Stieg Larsson, était suédois (“était” car il est malheureusement décédé d’une crise cardiaque après avoir remis le 3ème tome de Millénium à son éditeur. Un fait qui a, d’une certaine façon, grandement contribuer à la fascination qu’exerce son œuvre).
C’est quoi une ambiance nordique? J’ai du mal à en donner une définition et pourtant, c’est une impression qui ne m’a pas quittée durant toute la lecture de ce premier tome. Un certain détachement, des dialogues brefs et efficaces, une certaine “pureté” où chaque élément prend méticuleusement place… et la référence aux meubles Ikéa bien sûr!
Outre l'ambiance, j'ai adoré les personnages que j'ai trouvé crédibles et attachants. Leurs manies, leurs défauts, leurs faiblesses sont méticuleusement décortiqués par l'auteur.
L'intrigue est quant à elle particulièrement bien ficelée: je n'ai rien deviné de la chute avant les dernières pages...
Un point faible: la traduction parfois un peu étrange de certaines expressions, quelques fautes de grammaire,... Ca ne m'a pas particulièrement gênée à la lecture mais certains pourraient trouver cela irritant.
Millénium est une série en 3 tomes aux titres plus déconcertants (dans un bon sens) les uns que les autres: “Les hommes qui n’aimaient pas les femmes”, “La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette” et “La reine dans le palais des courants d’air”. Je n'ai pour l'instant lu que le premier, j'ai un peu de mal à me décider à lire les deux autres sachant qu'il n'y en aura plus après...
Attention, si vous ouvrez le premier tome, vous risquez fort de ne plus pouvoir le lâcher avant la dernière page!
En savoir plus...
Le site officiel sur l'auteur, sa vie, son oeuvre et le film Millénium
Tout sur la Milléniumania sur le site littéraire du Nouvel Obs (on y retrouve aussi ce qu'ils appellent "la polémique sur la traduction de la trilogie")
Le phénomène Stieg Larsson vu par Le Soir il y a un an (mais toujours aussi pertinent). On y évoque notamment l'aspect lutte contre l'extrême droite défendue par l'auteur et bien présente dans Millénium.
02 septembre 2008
Le prix Goncourt
La première sélection de l'Académie Goncourt pour le prix 2008 sera probablement révélée sous peu... Grosse arnaque pour certains, véritable institution pour d'autres, ce qui est sûr, c'est que le Goncourt fait vendre (entre 2000 et 2005, la moyenne des ventes pour l'œuvre sélectionnée était de 237 000 exemplaires!), que le livre primé trônera donc à l'avant-plan dans toutes les librairies... et qu'on entendra parler et reparler dans la presse pendant quelques semaines.
Comment ça marche?
Le prix Goncourt est décerné par
l'Académie... Goncourt. Il récompense les auteurs qui, je cite, "ont
marqué la littérature française". Il ne concerne donc que des œuvres
écrites en français.
L'Académie Goncourt trouve son origine dans le souhait exprimé dans son
testament par Edmond de Goncourt (1822-1896) de créer une société qui
décernerait chaque année un prix à un "ouvrage d'imagination en prose
paru dans l'année". Dans son testament, Edmond associe son frère
précédemment disparu, Jules, à cette volonté.
Edmond et Jules étaient romanciers, écrivains, journalistes,
historiens... Bref, ils étaient des personnalités incontournables du
monde littéraire français de leur temps. Le rêve qui sous-tendait ce
projet de prix était de recréer l'ambiance des cafés littéraires du
XVIIIème...
L'Académie est composée de 10 membres qui disposent chacun d'un
"couvert" à la table d'un restaurant parisien, le Drouant (où se tient
également le prix Renaudot). Les couverts en vermeil (argent couvert
d'or) sont gravés au nom des académiciens qui composent la société.
Lors du décès ou de la démission d'un membre, les académiciens restants
se concertent et choisissent un nouveau membre parmi les auteurs de
langue française. Le nouveau venu reçoit la "chaise" de son
prédécesseur et ses couverts (sur lesquels figurent donc le nom de tous
ses prédécesseurs).
Les membres ne sont pas rémunérés.
Les réunions ont lieu le premier mardi de chaque mois (sauf en août),
autour d'un déjeuner. Fin novembre, après avoir effectué 3 premières
sélections, l'Académie décerne le prix Goncourt. Celui-ci se résume en
fait à un chèque de 10 € pour l'auteur et... au petit bandeau rouge qui
garantit quasi à coup sûr les 237 000 exemplaires vendus. A côté de
cela, l'Académie décerne des bourses qui sont, elles, plus conséquentes.
Les 10 membres actuels
Robert Sabatier (les Allumettes suédoises, ...)
Françoise Mallet-Joris
Didier Decoin
Edmonde Charles-Roux (présidente)
Jorge Semprun
Michel Tournier
Bernard Pivot
Françoise Chandernagor
En savoir plus
La liste des lauréats depuis 1903 et résumés
des oeuvres sur Evene
Le site de l'Académie Goncourt
Le site du Drouant avec photos du salon Goncourt et du menu (miam!)
19 août 2008
The List
Titre The List
Auteur Steve Martini
Genre Thriller juridique
Année d'édition 1997
Langue Anglais
Pages 451
Mon évaluation ***
En quelques mots
Au premier coup d'oeil, Abby Chandlis est une femme sans grand relief: la quarantaine, avocate de niveau respectable, divorcée, au physique agréable sans être une gravure de mode. Elle cache pourtant, sous ses airs communs, un talent extraordinaire... qui se compte en millions de dollars! Après le boulot, Abby écrit. Elle a un don: celui de trouver les mots justes, le bon rythme. Sa vie prend un tournant décisif lorsqu'elle parvient à rédiger un véritable best-seller que les majors de l'édition et de la production cinématographique ont tôt fait de repérer.
Persuadée que son âge, son physique et son sexe ne rencontrent pas les exigences du "marché" et lui interdiront d'atteindre les sommets de la célébrité, Abby met au point une stratégie. Signant son roman d'un pseudonyme masculin, Gable Cooper, elle se met à la recherche d'un homme capable de jouer pour elle les hommes de paille. Sa mission: passer aux yeux des médias et du monde pour l'auteur du bestseller, le temps que le livre se fasse une place dans "la liste", le top des ventes aux USA.
Malgré son plan ingénieux, Abby va progressivement se rendre compte qu'elle affronte des forces et des enjeux qui la dépassent et qui menacent l'ensemble de son univers...
Mon avis
Je me suis plongée dans "The List" sur les recommandations de mon copain et de ma chef, qui m'a gentiment prêté le livre, en format poche. Quelques pages ont suffi à me convaincre que leurs commentaires élogieux étaient fondés et je suis très vite "rentrée" dans l'histoire.
L'intrigue est très bien ficelée, les personnages crédibles et attachants. J'ai particulièrement apprécié les passages décrivant le processus de rédaction d'une oeuvre littéraire, la méthode de travail de l'auteur fictive Abby Chandlis. L'idée que, le secret d'un bon écrivain, c'est d'avoir une "bonne oreille", comme pour la musique, la capacité de percevoir le rythme des mots et des phrases et d'agencer le tout pour que ça "sonne bien". Si on n'a pas la bonne oreille, c'est comme quand on chante faux, il est extrêmement difficile de parvenir à écrire.
Enfin, la mise en abîme que représente ce livre m'a fascinée: il s'agit d'un best-seller qui dénonce la jungle qu'est devenue le monde de l'édition aux USA au travers de l'histoire d'un best-seller. Je n'ai pas pu m'empêcher de m'interroger: est-ce que cette image correspond à la réalité? Si oui, quel "culot" de la part des éditeurs de lui faire une place sur les rayonnages! Est-ce que les chances d'un roman à figurer dans cette fameuse liste pèsent plus lourd que l'image que les majors renvoient au monde extérieur? Ou est-ce qu'on ne présume pas que le lecteur puisse sortir du livre et entamer ce genre de réflexion?
Bref, un roman idéal pour tout passionné de lecture, de livres et de suspense.
En savoir plus
Le site de l'auteur (in english of course)




