20 mai 2009
Les Imaginales 2009 2/2
Je suis toujours surprise de remarquer à quel point le discours d'un auteur, lors d'un débat ou d'une rencontre littéraire, peut rapidement influencer mon intérêt pour son œuvre. Ainsi, lors de ce type d'événement, il y a toujours quelques auteurs qui, à peine quelques mots prononcés, "sortent du lot". Leurs productions rejoignent alors directement ma catégorie de livres "à acheter" ou "à éviter".
Pourtant, il existe sans doute des gens qui sont davantage orateurs qu'écrivains. Ceux qui jouissent d'un don pour la répartie n'ont pas forcément un style littéraire à la hauteur de leur verve. Bien que consciente de cette réalité, je me laisse toujours tenter par les œuvres d'auteur qui me sont sympathiques.
J'ai remarqué ce phénomène avec plus d'acuité encore le second jour des Imaginales. Nous y avons assisté à trois conférences: deux étaient vraiment intéressantes, la troisième s'est transformée en une heure d'ennui (et comme nous étions situés en milieu de salle, c'était délicat de quitter avant la fin!). Heureusement, ce dernier cas se présente rarement aux Imaginales! Mais même lors des café-littéraires passionnants, il y a toujours (ou presque) au moins un auteur qui accuse un manque de talent lorsqu'il s'agit de donner envie au public de découvrir ses ouvrages. Il y a ceux qui, lorsqu'on leur donne le micro, semblent ne plus jamais vouloir céder la parole, d'autres que la gêne rend maladroit et timide.
Au fond, il y a un côté rassurant à cette constatation: en définitive, les auteurs ne sont que des êtres humains comme vous et moi et ne peuvent toujours être doués en tout!
Sur la photo, de gauche à droite: Nicolas d’Estienne d’Orves , Pierre Bordage, Stéphanie Nicot (modératrice), Pierre Pelot et Michel Robert (ce café-littéraire n'est pas celui que j'ai trouvé ennuyeux!)
08 mars 2009
Une journée à la foire du livre de Bruxelles
Ce samedi 6 mars, mon copain, Caroline, son chéri et moi-même sommes partis à l'assaut de la foire du livre de Bruxelles! Bilan: des rencontres, de nouveaux livres dans ma bibliothèque, d'autres livres sur ma liste d'achats à venir, une ambiance très conviviale et propice aux découvertes.
Premier rendez-vous à l'arrivée sur place, un café-rencontre, intitulé 'Conan le Barbare contre Harry Potter, le renouveau de la Fantasy'. Etant donné ma passion pour ce genre, je ne pouvais pas manquer ça! Les intervenants, Alain Névant (directeur éditorial chez 'Bragelonne') et Ménéas Marphil (auteur de "Abracadagascar", une série fantasty originale dont la lecture me tente bien!1ère photo ci-dessous.) ont partagé leurs réflexions sur l'évolution et les caractéristiques de ce genre dont les origines remontent à la nuit des temps.
J'ai pris note de quelques expressions imagées d'Alain Névant que j'ai trouvées particulièrement pertinentes et poétiques. Florilège:
- Sur l'utilisation de thèmes récurrents: "La fantasy, c'est comme un buffet où chacun se compose l'assiette de ses rêves"
- Sur l'évasion que la fantasy procure: "Lire de la fantasy, c'est devenir, le temps de la lecture, immortel"
- Sur le plaisir à s'identifier à un héros qui affronte les pires dangers: "Nous sommes tous des enfants un peu débiles qui rêvent de mettre leurs doigts dans la prise de l'univers."
Une fois cette sympathique rencontre terminée, nous avons visité les stands des éditeurs présents. Que de tentations d'achat! Je n'ai pas résisté à acquérir quelques livres de poche, un tome de "L'Encyclopédie du Merveilleux" d'Edouard Brasey ainsi que "Milo", un roman historique belge, écrit par Frédérique Badoux, qui se déroule en Gaule celtique (j'en reparlerai prochainement!).
Au détour des différentes salles, nous avons contemplé les files immenses de fans attendant patiemment (ou pas) la dédicace de leur auteur favori. Aucun de nous n'étant suffisamment motivé pour attendre de longues heures, nous avons observé le phénomène de loin et avons même aperçu le chapeau de la terrible Amélie Nothomb!
Avant de quitter les lieux, épuisés par une journée riche en découvertes, nous avons écouté Harlan Coben qui était l'invité d'une conférence "Polar & Suspense" et s'exprimait sur sa manière de rédiger les thrillers et ses sources d'inspirations. Bref, une très chouette journée! Le rendez-vous est d'ores et déjà noté à mon agenda pour l'année prochaine!
08 janvier 2009
Des bibliothèques pleines de fantômes
Titre Des bibliothèques pleines de fantômes
Auteur Jacques Bonnet
Genre Essai / Documentaire
Publication 2008
Pages 139
Mon évaluation ****
En résumé
Jacques Bonnet est un véritable bibliomane. Attention: il n'est certainement pas de ceux qui achètent des livres rares qu'ils ne lisent jamais. Pas de ceux non plus qui enferment les livres dans des vitrines. Non, il se définit plutôt comme un lecteur acharné. L'un de ceux pour qui la lecture s'apparente à la conquête d'une terre inconnue et pour qui le livre est bien plus qu'un simple objet.
Charles Nodier a dit: "Après le plaisir de posséder des livres, il n'y en a guère de plus doux que d'en parler." C'est ce que Jacques Bonnet s'attelle à faire, pour le plus grand plaisir des bibliophiles, tout au long des 139 pages de ce petit livre. Il y traite de questions aussi essentielles que le tri des ouvrages d'une bibliothèque, la manière dont une collection s'étend au cours d'une vie, l'attachement que ressent le lecteur pour ses livres, la façon de les lire...
Mon avis
Amis bibliomanes, lecteurs acharnés: ce livre est un essentiel! Non seulement il se dévore en quelques heures avec un plaisir jubilatoire mais il permet de cerner les caractéristiques de cette tendre maladie qui nous afflige et de nous préparer à ce qui nous attend: des dizaines de millier de livres à devoir ranger quelque part!
Anecdotes croustillantes se rapportant à des hommes de lettre ou des lecteurs anonymes, citations issues de livres chers à l'auteur (j'ai pris note de quelques références au passage) fourmillent dans ce petit livre. Jacques Bonnet partage avec passion et humour son amour des livres.
On en ressort ému et décidé à persister à lire et acheter plein d'autres livres!
'S'instaurent alors des rapports étranges entre le bibliomane et ses milliers de livres. Les mêmes rapports qu'entre le jardinier et la plante grimpante envahissante: la plante se développe d'elle-même, d'une manière invisible à l'oeil nu mais avec un progrès néanmoins constatable au bout de quelques semaines; l'homme, à moins de la couper, ne pouvant qu'indiquer la direction qu'il souhaite lui voir prendre. Ainsi, les bibliothèques deviennent des êtres vivants".
J'ai vu il y a quelques semaines (mois?) que Keisha avait publié elle aussi une critique de cet ouvrage (je ne l'ai pas encore lue pour ne pas être influencée ;-) ).
08 décembre 2008
Le lecteur, un écrivain en puissance?
Quand j'entends ou que je lis des interviews d'écrivains, il m'arrive de rêver... Et si, moi aussi, je devenais créatrice d'un univers? Si j'arrivais à faire naître de ma plume une série de personnages dont la destinée dépendrait de mon imagination? Pourtant, à chaque fois que je m'essaie à la rédaction d'une histoire, j'abandonne au bout de quelques pages. En relisant mon travail après quelques jours, je m'énerve de constater que je me répète, je désespère en notant que mon intrigue est truffée d'incohérences. Et je ne peux que m'incliner devant le talent des auteurs.
Bon, je ne peux raisonnablement pas me plaindre: j'écris des chansons, je compose des morceaux de musique. Il y a peut-être des écrivains qui rêvent d'en faire autant. Mais moi, c'est l'écriture d'une nouvelle, d'un livre, voire d'une série qui me fait rêver. Dans une chanson, on ne peut qu'esquisser un personnage sans rentrer dans sa psychologie, ses désirs, ses peurs. On ne peut que suggérer un univers, une ambiance sans développer son fonctionnement, son histoire.
Parfois, je me dis que les lecteurs (j'entends par là les lecteurs réguliers) sont pourtant bien placés pour rédiger une œuvre. A force de s'immerger dans l'univers d'auteurs divers et variés, ne parvient-on pas à repérer les lignes de force des romans que l'on aime? Les faiblesses de ceux auxquels on "n'accroche pas"? Encore faut-il l'imagination suffisante pour créer un concept ou un scénario inédit.
Peut-être me faudra-t-il encore quelques années à "absorber" l'œuvre des autres avant de pouvoir donner naissance à la mienne? A suivre...
Et vous, vous arrive-t-il de vous voir dans la peau d'un écrivain?
12 novembre 2008
De l'oeuvre à l'auteur
Du livre à l'auteur, il n'y a qu'un pas: celui qui sépare l'œuvre de son créateur. Et pourtant, combien grande peut-être la distance séparant l'impression qui se dégage d'un livre et la personnalité de l'écrivain! Ainsi, des écrits inspirant au lecteur intelligence et ouverture d'esprit peuvent très bien sortir de la plume d'un personnage désagréable et suffisant tout comme un récit glauque et glacial peut être l'œuvre d'un auteur optimiste et bon vivant.
Je me surprend fréquemment à imaginer la personnalité d'un auteur, ses goûts et ses opinions lorsque je lis un de ces livres. Pour me rendre compte finalement, que l'image que je fabrique n'est que le reflet de ma propre perception de l'œuvre.
En lisant, en écoutant ou en regardant des interviews, en participant à des conférences, en rencontrant des auteurs lors d'événements divers, je suis tour à tour agréablement surprise ou franchement déçue.
Et vous? Avez-vous déjà vécu ce genre d'expérience?
Je précise que ce billet n'est aucunement lié à une rencontre avec un auteur que j'aurais faite récemment! Cette réflexion trotte dans mon esprit depuis un bon moment!
12 septembre 2008
Rencontre avec Maurice Hembise
A 47 ans, Maurice Hembise est l'auteur de 5 romans, dont "Pixels Colorés", chroniqué sur ce blog il y a quelques semaines.
S'il aime inventer des histoires depuis son plus jeune âge, ce n'est que depuis 3 ans que Maurice Hembise publie ses écrits. De la science-fiction à la comédie sentimentale, cet écrivain belge ne se sent lié à aucun style et aime varier les genres selon son humeur.
Rencontre avec un auteur belge sympathique et très proche de ses lecteurs.
Être écrivain...
Le Signet: J'ai lu sur le net qu'après avoir envoyé vos premiers manuscrits à des éditeurs, vous aviez fait machine arrière devant les premières propositions, doutant de vos capacités. Qu'en est-il aujourd'hui alors que votre 5ème roman, "Pixels Colorés", a été publié cette année aux éditions Memogrames? Avez-vous toujours des doutes sur vos compétences d'écrivain ou avez-vous gagné en confiance?
Maurice Hembise: J’avais à l’époque 23 ans. Sans aucun doute, j’aimais écrire. Cependant, quand je me relisais, il me semblait que mes textes n’étaient pas assez mûrs. Évidemment, je doutais de moi. Cela a duré longtemps. Trop longtemps, je crois. Aujourd’hui, à chaque nouvelle parution, il persiste, non pas un doute, mais une sorte de trac. Je suis pourtant beaucoup plus à l’aise car maintenant, j’ai une longue expérience d’écriture, des romans derrière moi, des lecteurs fidèles. Ce sont surtout eux qui me donnent confiance en mes capacités de romancier.
L.S.: Comment vous organisez-vous pour mener de front une carrière d'écrivain, la vie de famille et vos occupations professionnelles? Quand écrivez-vous?
M.H.: J’ai réduit d’un cinquième mes occupations professionnelles qui ne me bottent guère. Les fins de mois sont difficiles. Ce n’est pas mes romans qui me rapportent de l’argent. Pourtant, je suis plus heureux. Ma vie de famille est particulière. Je crois qu’elle ne manque de rien sauf parfois de ma présence. On me dit un peu bohème. J’écris dans tout lieu, n’importe quand. Pourtant, c’est la nuit qui est ma plus grande complice. Elle et moi, nous mettons sur papier mon inspiration. Je dors très peu.
L.S.: C'est difficile d'être écrivain en Belgique?
M.H.: Je ne peux pas parler pour les autres. Pour moi, il n’est pas difficile d’être romancier. Il est difficile d’être édité, de se faire diffuser, d’obtenir de la publicité. Je crois que les personnes qui ont quelques relations dans le domaine ont plus facile à obtenir tout cela. Elles ont donc plus de chance de réussir qu’un individu comme moi qui ne vient de nulle part. De toute façon, rien ne m’empêchera jamais d’écrire.
A propos de "Pixels Colorés"

L.S.: Comment vous est venue l'idée d'aborder ce thème sensible? Avez-vous vécu une expérience personnelle similaire?
M.H.: Je n’ai pas connu personnellement d’expérience similaire. Ce thème m’est venu à l’esprit de lui-même. Il a fait couler et continuera à faire couler beaucoup d’encre. Accusations, offenses, condamnations, culpabilités, loi du talion, moqueries, rancunes remplissent des milliers de pages. L’agression, quelle que soit sa forme et son origine, n’a jamais été le meilleur moyen de dénoncer sereinement un problème social. J’ai donc trouvé nécessaire d’aborder ce sujet en l’évoquant par une comédie sociale et sentimentale (...).
L.S.: J'imagine que tout le monde vous pose cette question mais je vous la pose quand même! En préambule, vous écrivez: "Dans ce livre, il y a un mot que je me suis refusé à écrire. Ce mot trop facile, ce mot qu'on jette avec haine à la figure des gens, vous le devinerez sans difficulté." Pourquoi ce choix?
M.H.: Certains mots sont des détonateurs. Le thème de mon livre est explosif. Je refuse d’unir les deux. Ma démarche n’est pas une démarche de guerre mais de paix. Je démontre qu’après un certain temps de rejet de l’autre, il est encore possible d’aller vers lui et même d’en être étonné. Aucun groupe humain ne peut se prévaloir d’une supériorité quelconque.
L.S.: Face à la sensibilité du thème abordé, avez-vous eu des difficultés à rédiger certains passages du livre? A trouver les mots justes?
M.H.: En me relisant, j’ai modifié certains passages qui me paraissaient en désaccord avec l’idée de paix.
Perspectives
L.S.: Avez-vous un sixième roman en préparation? Pouvez-vous déjà nous en dire quelque chose?
M.H.: Mon sixième roman est complètement terminé. Il est chez l’éditeur Memograme pour lecture. Son titre "Mari fidèle ou infidèle ?" en dit déjà beaucoup sur son contenu désopilant, burlesque, déjanté. Il est réservé aux adultes (j'en écrirai d’autres pour ados et adultes prochainement). En préambule du livre on trouvera : "J’aurais pu écrire ce livre avec plus de pudeur mais alors, ce serait mentir car la vie est par essence impudique. J’ai donc cherché à rester le plus décent possible." Ceci ne doit pas vous faire peur! Il faut lire le livre absolument. Il vous apportera du plaisir, des réflexions et peut-être des réponses.
A bon entendeur!
09 septembre 2008
Un guide dans la jungle de la rentrée littéraire
C'est ce que propose le groupe littéraire
Hachette qui lance un site dédié aux auteurs et aux livres de cette
rentrée littéraire 2008. Interviews vidéo d'auteurs par Michel Field
(journaliste, écrivain, animateur et chroniqueur littéraire), extraits
de livres, informations sur les prix et points de vente: le site permet
d'effectuer aisément un premier tri parmi les nombreuses sorties et de
repérer les titres qui vous correspondent (parmi l'offre des éditeurs
appartenant au groupe Hachette cela va sans dire).
J'ai vraiment apprécié le côté interactif du site. Les interviews des
auteurs sont bien menées et permettent de se faire une idée rapide du
thème des livres. En vous inscrivant (gratuitement) au "Club Hachette",
vous pouvez regrouper vos titres préférés dans votre "bibliothèque"
virtuelle. Vous pouvez aussi lire le premier chapitre des livres pour
vous faire une idée plus précise du style de l'auteur. Il y a également
une foule d'autres options comme publier vos propres critiques du livre
sur le site, participer à des concours pour gagner de nouveaux titres,
...
Je précise que je ne suis pas sponsorisée par Hachette! J'apprécie
simplement le site mis en place tout en gardant à l'esprit que le but
est en définitive de vendre.
Cliquez ici pour visiter le site.
Les livres qui me tentent a priori (liste provisoire, je n'ai pas encore tout vu!):
- J.A.B. de Pierre Brunet
- Lilliputia de Xavier Mauméjean (un auteur que j'apprécie beaucoup depuis que j'ai lu Ganesha)
- A Mélie sans mélo de Barbara Constantine
- Troublé de l'éveil d'Emmanuel Pierrat
J'en profite pour signaler que j'ai abonné ce blog à un des flux RSS
d'Hachette (cela explique les liens à droites vers les dernières
sorties Hachette). Je n'ai pas forcément de préférence pour ce groupe,
mais ça permet de se tenir au courant de pas mal de sorties. Si je
trouve d'autres flux, je les ajouterai aussi.
20 août 2008
Ils l'ont dit
Quelques citations pêchées sur le site Evene. Un roman est un miroir qui se promène sur une grande route. |
[Stendhal] |
| Je n'ai jamais eu de chagrin qu'une heure de lecture n'ait dissipé. |
[Montesquieu] |
| Les livres ont les mêmes ennemis que l'homme : le feu, l'humide, les bêtes, le temps, et leur propre contenu. | |
[Paul Valéry] | |
| Une bibliothèque est une chambre d'amis. | |
[Tahar Ben Jelloun] | |
| Une pièce sans livres, c’est comme un corps sans âme. | |
[Cicéron] | |
| Lire, c'est boire et manger. L'esprit qui ne lit pas maigrit comme le corps qui ne mange pas. | |
[Victor Hugo] | |
Vous en connaissez d'autres?











