09 avril 2009
Les Chants de la Walkyrie
Titre Les Chants de la Walkyrie (’La Malédiction de l’Anneau’, Tome 1)
Auteur Edouard Brasey
Genre fantasy, mythologie
Pages 382 + annexes
Publication 2008
Editeur Belfond
Mon évaluation *****
En résumé
Depuis qu’il a porté l’anneau maudit de Nibelung, Odin, le dieu suprême, a le coeur troublé. La venue du Ragnarök, le crépuscule des dieux, est annoncée et, avec elle, la fin de la lignée divine des Ases.
Lorsqu’il apprend l’existence d’une lignée humaine de son sang, Odin reprend espoir. L’étincelle divine pourra peut-être persister au travers des hommes. Mais c’est sans compter la colère de Frigg, bien décidée à tout faire pour anéantir le fruit des amours infidèles de son majestueux époux et les machinations des ennemis des Ases.
Pour mener à bien ses désirs et contrecarrer les obstacles, Odin fait appel à sa fille préférée, la Walkyrie Brunehilde et l’envoie dans le Midgard, le monde des humains.
Mon avis
Edouard Brasey n’est pas seulement un auteur prolifique (une trentaine d’ouvrages à son actif), il est également conteur. Sa maîtrise de cet art délicat se révèle ici dans toute sa splendeur. Premier tome d’une tétralogie, “Les Chants de la Walkyrie” sont porteurs de bien des promesses...
Évasion, aventure, passions et magie sont au programme de cette très belle réécriture des sagas nordiques et de l’opéra wagnérien “Der Ring”. Les amateurs de mythologie, de fantasy mais également d’histoire y trouveront certainement leur bonheur. Edouard Brasey donne vie à une mythologie souvent complexe et difficile d’accès et ouvre ainsi aux lecteurs la porte d’un univers peu connu.
A découvrir absolument!
09 mars 2009
Che, 1ère partie: l'Argentin
Réalisation: Steven Soderbergh
D'après "Reminiscences of the Cuban Revolutionary War" (mémoires d'Ernesto Guevara)
Année: 2009 (sortie en Belgique)
Genre: historique
Mon avis: ***
Steven Soderbergh signe une fresque historique puissante et passionnante
et dépeint avec subtilité la personnalité de celui qui, aujourd'hui, a
dépassé le statut de personnage historique pour celui de véritable
icône.
L'histoire
1956:
Fidel Castro rassemble une armée de rebelles au sein du "Mouvement du
26 juillet" pour renverser le dictateur cubain Batista. Parmi eux,
Ernesto Guevera, un jeune médecin argentin s'illustre en tant que
combattant et leader d'opinion et obtient rapidement le poste de
commandant. Deux ans de guérilla seront nécessaires pour renverser le
pouvoir en place...
Mon avis
Si réaliser un film convaincant sur
la vie du Che sans verser dans la démagogie, l'adulation ou la
condamnation est un exercice périlleux, incarner un symbole sans
devenir un cliché l'est encore davantage! C'est pourtant un pari que
Benicio Del Toro remporte haut la main. Il incarne un Che à la fois
charismatique et fragile (victimes de nombreuses crises d'asthme),
humaniste et impitoyable, brillant et autoritaire. Ce rôle lui a
d'ailleurs valu la Palme de l'interprétation masculine à Cannes.
Pour
ce film basé sur des réminiscences du Che lui-même, Soderbergh a opté
pour un montage fractionné qui bascule sans prévenir d'une époque à
l'autre, d'un événement au suivant... Parti pris étonnant, les scènes
illustrant la période de la révolution cubaine sont en couleurs tandis
que celles dépeignant le rôle d'Ernesto Gueverra comme Ministre de
l'Industrie sont en noir et blanc. Ces dernières (années 60) étant
pourtant postérieures à celles-là (fin des années 50).
L'utilisation de l'espagnol renforce le caractère réaliste du film et lui donne une couleur et une atmosphère inimitable.
On
ressort de la salle de cinéma comme d'une plongée dans un autre temps
et un autre lieu. Les idées défendues par les révolutionnaires cubains,
quant à elles, ne nous faussent pas compagnie. Une chose est sûre, je
serai dans la salle lors d'une des projections de la seconde partie de
cette fresque.
10 février 2009
Tout l'honneur des hommes
Titre Tout l'honneur des hommes
Auteur Alexandra Lapierre
Genre Roman historique / Biographie
Publication 2008
Pages 444 + annexes
Mon évaluation ****
Merci à Babelio et l'opération Masse Critique pour l'envoi de ce livre!
En résumé
En 1839, les combats font rage entre les guerriers musulmans du Caucase et les armée de l'Empire orthodoxe de Russie. L'imam Shamil, qui dirige les cavaliers des montagnes, est contraint de livrer son fils comme otage à son ennemi, le tsar Nicolas Ier.
Alors âgé de 8 ans, Djemmal-Eddin se retrouve propulsé dans un monde raffiné, pétri de luxe et de culture à des milliers de verstes du sien. Sa personnalité hors du commun, son intelligence et ses talents militaires lui valent une place de favori auprès du Tsar et de sa famille. Tiraillé entre les deux cultures qui se détestent, le fils de l'imam devra bâtir un équilibre délicat pour construire sa propre identité. Jusqu'au jour du retour parmi les siens...
Mon avis
J'ai été littéralement envoûtée par le destin de Djemmal-Eddin, un personnage historique fascinant dont je n'aurais même pas soupçonné l'existence. Il faut dire que l'histoire du Daghestan et de la Tchétchénie au XIXème siècle était pour moi perdue dans un flou insondable! (J'ose imaginer que je ne suis pas la seule dans le cas!) J'ajoute que, si je n'avais pas lu ce livre, je serais probablement restée encore longtemps dans l'ignorance sans chercher à m'instruire davantage sur cette tranche de l'histoire qui n'éveillait en moi aucun intérêt particulier.
Alexandra Lapierre, elle, n'est certainement pas dans ce cas. Elle a en effet passé 3 ans à récolter le matériel nécessaire et à voyager dans les lieux traversés par Djemmal-Eddin pour composer ce passionnant roman. Cependant, si l'on sent le solide bagage théorique qui soutient l'intrigue, l'histoire du fils de l'imam n'est jamais ennuyeuse ou "scolaire". C'est un défaut que je crains toujours de rencontrer dans les romans historiques: un ton professoral qui fait passer l'aspect romanesque et divertissant à l'arrière-plan. Ce n'est certainement pas le cas de "Tout l'honneur des hommes" qui, s'il est d'une rigueur historique sans faille, se lit avec plaisir et facilité.
Usant d'une plume quasi-cinématographique, l'auteur nous emmène des rudes paysages du Caucase aux splendeurs du Palais d'Hiver et fait littéralement transpirer des pages sa passion pour cette histoire. On vibre de rage et de colère avec Djemmal-Eddin. On en revient comme d'un agréable voyage, des images forte plein les yeux. A découvrir!
Seul bémol pour moi, la couverture vraiment trop kitsch à mon goût. Je ne sais pas si l'aspect doré est censé donner un côté "russe" à la chose mais moi, franchement, ça ne m'aurait pas donné envie de l'acheter...
20 janvier 2009
Atonement (Reviens-moi)
Réalisation Joe Wright
D'après le roman de Ian McEwan
Année 2007
Genre drame
Mon avis ****
Je l'ai vu, avec du retard, mais je l'ai vu!
L'histoire
1935, Angleterre. Briony Tallis, une adolescente de 13 ans à l'imagination hors du commun, surprend des instants fugaces partagés par sa soeur aînée Cecilia et le fils de la gouvernante, Robbie. Lorsqu'un drame survient dans la propriété, l'interprétation erronée qu'elle fait de ces moments la pousse à désigner Robbie comme coupable. Elle ignore qu'elle va condamner celui-ci à la prison et à la guerre et séparer ainsi un couple passionné.
Mon avis
Voici encore un film qui ne se vend pas du tout pour ce qu'il est! Au moment de lancer le DVD, j'étais persuadée que j'allais découvrir une romance historique avec, dans le rôle principal, l'excellente Keira Knightley. Eh bien non, pas du tout (et ce n'est pas un mal)!
Si Keira Knightley tient bien l'un des rôles majeurs du film et si l'amour y occupe une place de choix, "Atonement" est avant tout l'histoire d'un malentendu et de ses conséquences désastreuses. Le titre anglais "Atonement" (rédemption) le dit bien. Mieux en tout cas que le "Reviens-moi" de la version française qui, s'il est vrai que la phrase est répétée à multiples reprises, ne reflète pas le sujet essentiel du film.
Au centre du drame, on trouve non pas Keira Knightley ou James McAvoy mais bien Saoirse Ronan, Romola Garai et Vanessa Redgrave, dans les rôles de Briony aux différents âges de sa vie.
Joe Wright est un réalisateur que j'aime de plus en plus. J'avais beaucoup apprécié l'ambiance poétique de son "Pride and Prejudice", j'ai aimé le côté audacieux d'"Atonement" avec ses flash-backs qui surviennent sans prévenir, ses scènes alternativement vues par l'observateur et les observés... J'ai apprécié également la présence du martèlement des touches de la machine à écrire, mêlée à la musique, dont la véritable signification s'explique d'après moi aux derniers plans du film (la bande-originale a d'ailleurs été "oscarisée").
Les performances des acteurs sont convaincantes, l'histoire et le dénuement excellents. J'ai été émue par le destin inattendu de cette Briony et la proportion gigantesque que peuvent prendre nos actes lorsque l'on "croit avoir compris".
Un film à voir! (et un livre à lire? Quelqu'un en a-t-il tenté la lecture?)
19 septembre 2008
Les enfants de la liberté
Titre Les enfants de la liberté
Auteur Marc Levy
Genre Littérature française contemporaine / histoire
Publication 2007
Pages 368 (poche)
Mon évaluation **
En résumé
En plein cœur de la France de Vichy, une bande de gamins étrangers (âgé de 16 à 25 ans) refusent de collaborer et mènent une série d'actions de sabotages dans le Toulouse des années 40. Persuadés que "le printemps reviendra", ils font la guerre à leur niveau afin de contrer la domination de l'ennemi (allemand ou collabo') et de préparer l'arrivée tant attendue des Alliés.
Jeannot, et son frère Claude, font partie de ces "enfants de la Liberté". Au sein de la 35ème brigade FTP-MOI, ils apprennent comment faire dérailler des trains, saboter des transformateurs ou ... descendre l'ennemi. Ils apprennent aussi la chaleur de l'amitié et la valeur de l'entraide en temps de guerre. Arrêtés et déportés, ils partagent le triste sort de milliers d'autres résistants, luttant à chaque instant pour la survie et la liberté.
Mon avis
Je ne fais pas partie de ceux qui font de Marc Levy la cible de critiques gratuites sous lesquelles on écrase un auteur à succès. Je lis de temps en temps du Marc Levy dans l'idée, non de m'abreuver de grande littérature, mais de passer un bon moment. Un peu comme on regarde une comédie romantique un vendredi soir pour évacuer le stress de la semaine.
On est évidemment très loin ici de l'univers romantique (neuneu diront certains) de l'auteur. Pourtant, il en reste des traces que j'ai trouvées, par moment, un peu agaçantes ou malvenues. Quelques phrases mielleuses au milieu d'un décor de destructions et de violences extrêmes: par moment, le contraste est tout simplement trop grand à mon goût.
L'histoire est passionnante: on se retrouve plongé dans le quotidien d'enfants et de jeunes adultes qu'on peine à imaginer aujourd'hui. Sortir chaque jour de chez soi sans savoir si on retrouvera sa chambre le soir ou si on aura été arrêté, avoir faim tous les jours, perdre des amis et des êtres chers à tout instant. J'ai trouvé certains passages réellement émouvants.
Un livre instructif et passionnant si on ferme les yeux sur les passages "roses bonbon".
Au-delà du roman
Raymond, dit Jeannot, le narrateur du livre, n'est autre que Raymond Levy, le père de l'auteur. Il s'agit donc d'une histoire vraie. Le roman a été conçu sur bases de témoignages et de recherches historiques.
05 septembre 2008
Silence: on lit!
Le temps me manque aujourd'hui pour alimenter ce blog en nouveaux articles. Néanmoins, j'aimerais vous faire partager un article très intéressant publié aujourd'hui sur Evene.
Lire en silence nous semble aujourd'hui tout naturel et même quasi obligatoire. Pourtant, à l'origine, cela n'avait rien d'une évidence... Le développement de la lecture silencieuse a complètement bouleversé le rapport lecteur-livre et l'interprétation des textes.
Une petite leçon d'histoire à découvrir ici.
01 septembre 2008
Format poche, livre proche
Aaah le livre de poche! La bouée de tout bibliovore au revenu limité lancé dans l'océan des tentations livresques! Petit prix, petit format: deux gros avantages pour un petit inconvénient. Celui de devoir patienter quelques mois avant de faire l'acquisition des dernières sorties.
Mais d'où vient-il finalement, ce livre petit format? Prenez place dans la machine à remonter le temps. Un demi-tour de manivelle et...
... Nous sommes au XIXème siècle. Sous l'impulsion de l'industrialisation et de l'urbanisation, la culture de masse fait son apparition. Le livre, réservé jusqu'alors à une élite, se démocratise petit à petit et passe de la condition d'objet de luxe à celle de produit de masse.
C'est un certain Gervais Charpentier qui, vers 1838, lance le premier "livre de format réduit". En créant le format "in-18" (11,5 x 18,5), il parvient à réduire les coûts d'imprimerie et à faire diminuer le coût des livres de moitié (de 7 à 3,50 francs). Le monde de l'édition est alors contraint de s'aligner et d'ouvrir la voie au livre bon marché.
Considéré au départ comme un livre dévalorisé (puisque soumis aux lois de l'offre et de la demande), un vulgaire produit destiné aux masses, le livre de poche parviendra, au fil des décennies, à se faire une place dans l'univers littéraire. Les collections s'étoffent, les auteurs acceptant d'être publiés en poche sont de plus en plus nombreux...
Mais il faut attendre près d'un siècle, pour que, dans les années 60, le livre de poche devienne un véritable phénomène culturel... et commercial. Il représente alors un véritable passeport de la connaissance pour les étudiants et lycéens qui ont accès à l'œuvre des grands penseurs et des écrivains, sans passer par les bibliothèques.
Aujourd'hui encore, le livre de poche représente près d'1/3 des ventes du livre.
Le saviez-vous? Le livre de poche le plus vendu à ce jour: "Le Grand Meaulnes", d'Alain Fournier (5 000 000 d'exemplaires).
Et vous, vous êtes plutôt poche ou grand format?
22 août 2008
Les piliers de la Terre
Titre Les piliers de la Terre
Auteur Ken Follett
Genre roman historique
Publication 1989
Pages 1050 (en poche)
Mon évaluation ***
L'histoire
XIIème siècle, Angleterre. C'est le temps des cathédrales en Europe. Au travers de l'histoire de personnages d'horizons divers (Ellen la sorcière et son fils, Jack, Philip le moine, Tom le bâtisseur, William Hamleigh le jeune noble sadique pétri d'orgueil, Aliena, fille du comte de Shiring, ...), Ken Follett lève un coin du voile sur la vie à l'époque médiévale, ses découvertes, ses vices et ses combats. Les personnages se croisent, s'allient et s'affrontent avec pour thème central la construction de la cathédrale de Kingsbridge (ville fictive).
Mon avis
Une plongée agréable et instructive dans l'époque médiévale qui donne une vision contrastée de cette période à l'image souvent stéréotypée (dans un sens comme dans l'autre: ou on l'adule et l'idéalise à l'extrême ou on la présente comme l'ère la plus sombre de l'histoire humaine).
Les personnages sont crédibles et bien construits et, étant donné la longueur du livre, on a vraiment l'impression de les connaître lorsqu'on arrive à la fin!
Le côté très instructif du livre m'a parfois un peu dérangé. Non pas pour le contenu mais pas la forme sous laquelle les informations sont parfois présentées. Certains dialogues ou certaines réflexions des personnes ne m'apparaissaient pas crédibles et j'aurais préféré les lire sous forme de notes de bas de page par exemple.
La longueur du livre m'a également paru un peu excessive. Ce n'est qu'arrivée à la moitié que j'ai commencé à être "prise" par l'histoire.
Ce roman m'avait été recommandé par 3 personnes différentes, je l'ai donc acheté en me disant que les risques qu'ils me déplaisent étaient réduits! Verdict: un très bon roman qui m'a appris pas mal de choses mais qui ne figurera pas néanmoins parmi mes préférés. Je le recommande à tous les passionnés d'histoire et d'ambiance médiévale.
Dérivé du livre...
Apparemment, il existe un jeu de société inspiré du livre, où on apprend comment bâtir une cathédrale: http://www.jeuxdenim.be/redirect/go.php?page=/fiche_PiliersDeLaTerre.htm



