30 mars 2009
Au commencement...
Tourner la première page d'un livre, c'est un peu comme partir vers une destination inconnue. Un regard sur la couverture, une caresse de la paume de la main pour saisir la texture. Pour certains, un coup d'oeil rapide à la quatrième de couverture, en guise d'avant-goût...
Et puis, très vite, le pouce et l'index de la main gauche saisissent la couverture et mettent l'ouvrage à nu. Un flot d'odeurs viennent à la rencontre des narines du futur lecteur. Papier neuf, poussière accumulée sur des pages jaunies, odeur indéfinissable des ouvrages empruntés à la bibliothèque, parfum d'une amie qui vous a prêté son roman favori...
Quelques pages blanches, ou presque, pour habituer le regard à ce nouvel univers de papier. Déjà, la texture des pages devient familière à la pulpe des doigts: lisse, douce ou légèrement incommodante. Une citation, une dédicace de l'auteur vous souhaitent bon voyage. Chut! L'histoire commence!
29 mars 2009
Animal'z
Titre Animal'z
Auteur Enki Bilal
Genre BD
Publication 2009
Pages 100
Éditeur Casterman
Mon évaluation *****
En résumé
Dans un futur apocalyptique, les terriens font face aux conséquences du "coup de sang", un dérèglement climatique brutal et généralisé qui bouleverse le fonctionnement et l'équilibre de la planète. Seules quelques zones ont été épargnées par les catastrophes et réunissent les conditions de survie nécessaires aux humains. Quelques survivants tentent de rejoindre ces "Eldorados".
Parmi eux, l'inventeur et quelques cobayes d'une technologie d'hybridation qui permet notamment aux humains d'habiter une enveloppe animale ou de bénéficier des aptitudes de certains animaux.
Mon avis
Pour ceux qui apprécient son style et sa poésie, Enki
Bilal est une valeur sûre. Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, il est grand temps de prendre le temps de le découvrir: "Animal'z" est tout simplement magnifique.
Un univers graphique gris et brumeux d'où ressortent le rouge et, plus légèrement, le bleu. Des personnages aux traits sculptés au crayon, confondants de réalisme. Tel est le décor de ce conte post-apocalyptique où chaque planche est un ravissement pour les yeux.
Les personnages sont touchants et profonds, poètes à leurs heures, nihilistes ou plus tout à fait humains. Ils naviguent de philosophie en touches d'humour sans jamais exagérer dans un sens ni dans l'autre.
Enki Bilal nous offre une heure d'évasion dans un monde qui, s'il ne fait pas rêver, fait réfléchir de manière subtile et poétique sur l'avenir de notre planète sans qu'il ne soit proféré une seule fois un semblant de phrase moralisatrice. Une histoire en un seul tome à découvrir de toute urgence!
Plus
Une interview d'Enki Bilal pour le Vif L'Express
25 mars 2009
Lire pour déchiffrer le monde
Rencontrer une sorcière, vaincre un dangereux psychopathe, prendre le thé avec une héroïne de Jane Austen, être témoin de la Révolution française, changer de sexe, rajeunir, voyager dans l’espace... J’ai déjà fait tout ça! Vous ne me croyez pas? Pourtant, je parie que vous aussi...
Comment ce prodige est-il possible? Grâce aux livres pardi! Bien malheureux ceux qui sont privés de ces expériences.
Dans le Muze du mois de mars, j’ai découvert le point de vue très intéressant d’Alberto Manguel à ce sujet. L’écrivain revendique une position radicale qui me plaît énormément: les livres sont essentiels à la compréhension du monde. En offrant au lecteur la possibilité d’expérimenter un éventail d’expériences plus large qu’il ne pourra en avoir dans sa vie, la littérature nous permet de déchiffrer les éléments qui nous entourent.
Pour lui, il est donc essentiel que chaque citoyen soit initié à la lecture et en découvre les richesses. Ouvrir le grand public à la lecture est “une question de résistance”. En devenant lecteur, on “prend le pouvoir”.
De quoi couper court aux réflexions de ceux pour qui la lecture est une perte de temps.
Et vous, qu’en pensez-vous?
23 mars 2009
L'Encyclopédie du Merveilleux, Du Bestiaire Fantastique
Titre L'Encyclopédie du Merveilleux T.2, Du Bestiaire Fantastique
Auteur Edouard Brasey
Genre Merveilleux, documentaire
Publication 2006
Pages 161
Mon évaluation ****
Ne cherchez pas la critique du Tome 1 sur ce blog, je ne l'ai pas encore lu ;-)
En résumé
Le bestiaire fantastique fourmille de créatures mystérieuses qui hantent mythologies, contes et légendes. Si nous connaissons une partie d'entre elles (licorne, yéti, phénix, Minotaure ...), certaines sont tellement rares que même leur nom évoque peu de choses au commun des mortels (bisclaveret, lacovie, théocorne, ...). D'autres nous sont tellement familières que nous en ignorons les propriétés magiques: chat, chien, taureau, merle, cerf, chauve-souris.
Dans ce second tome de l'Encyclopédie du Merveilleux, Edouard Brasey convie le lecteur à l'accompagner "au temps où les bêtes parlaient" et à découvrir les symboles cachés au sein de tout animal fabuleux. Symboles qui, souvent, en disent long sur notre propre inconscient.
Mon avis
Comme toute encyclopédie, l'"Encyclopédie du Merveilleux" n'est pas le genre d'ouvrage que l'on lit d'une traite. Elle fait plutôt partie de ces livres que l'on aime garder à portée de main et feuilleter quand l'envie s'en manifeste.
Magnifiquement illustré de peintures anciennes et de dessins de Sandrine Gestin et Alain-Marc Friez, ce second tome de l'"Encyclopédie du Merveilleux" est un véritable plaisir pour les yeux. Edouard Brasey puise ses sources dans de nombreux ouvrages référencés (de quoi donner des idées pour de futurs achats!), dans les mythologies celtiques et nordiques principalement et dans le folklore français notamment.
Agrémenté de citations et d'encadrés, cet ouvrage donne à tous les passionnés de contes, de mythologies et de cryptozoologie un panorama étoffé du bestiaire fantastique. Je n'ai pas encore dévoré la totalité des entrées de cette encyclopédie mais les autres tomes qui la composent figurent déjà sur ma liste d'achats! Seul bémol à mes yeux, la couverture du livre ne rend pas justice à la beauté graphique des pages intérieures.
Autres tomes
T1, Des peuples de la Lumière
T3, Des peuples de l'Ombre
A noter qu'une "Encyclopédie du Légendaire" fait suite à celle-ci. Son premier tome est consacré aux trésors, artefacts et armes magiques.
20 mars 2009
Fée et tendres automates
Titre Fée et tendres automates (Jam, Elle, Wolfgang Miyaké)
Auteurs Téhy (scénario, illustration
tome 3) / Béatrice Tillier (illustration tomes 1 et 2, graphisme de la
série) / Frank Leclercq (illustration tome 3)
Genre BD
Publication 1996, 2000, 2003
Pages 48 par tome
Mon évaluation ***
En résumé
Au cœur d'un futur apocalyptique plongé dans la déchéance et les émeutes, dans une mégapole tentaculaire nommée Carlotta, un inventeur un peu fou s'évertue à créer des automates d'elfes, de lutins, de fées, ... Son plus grand désir: réussir à faire revivre l'authentique "œil-fée" et ramener l'enchantement dans le monde.
C'est Jam, un automate dédaigné par le maître pour son absence d'enchantement, qui découvre dans l'atelier la perle rare. Une fée, une vraie, à qui il ne manque qu'une bouche pour être terminée.
Alors que le maître et Jam se préparent à lui donner sa touche finale, les émeutiers s'emparent de la demeure... Jam et la Fée sont séparés. Dans les siècles qui suivent, Jam tentera tout pour retrouver et sauver celle qui porte la dernière trace de l'enchantement du monde.
Mon avis
J'avais découvert le trait de Béatrice Tillier dans
"Le Bois des Vierges" et avais déjà été fascinée par son talent. "Fée
et tendres automates" est tout aussi magnifiquement illustré. Chaque
planche est un ravissement pour les yeux. Le dernier tome, bien
qu'illustré par Téhy et Frank Leclerq, ne dénote pas dans l'ensemble.
Au niveau du scénario, "Fée et Tendres Automates" ravira les amateurs de paysages apocalyptiques et sombres. Véritable conte noir, cette trilogie plonge le lecteur dans une atmosphère certes désespérée mais jamais pesante. Les dialogues poétiques des automates se heurtent aux propos violents et dégradés des hommes, un contraste qui renforce la puissance de l'histoire.
J'ai passé un excellent moment dans le monde de Carlotta! Cependant, il est bon que la série se limite à 3 tomes sans quoi le décor aurait peut-être fini par me lasser.
Merci à Caroline (eh oui encore!) pour le prêt du très joli coffret comprenant la trilogie.
18 mars 2009
Ma panacée
Depuis quelque jour, je suis coincée chez moi en "congé maladie" comme on dit. Oh, je sors bien prendre l'air une ou deux fois par jour. Je ne suis pas à l'article de la mort, rassurez-vous! Juste dans un état de fatigue et de lassitude extrême.
Dans ces cas-là, les remèdes sont peu nombreux: des vitamines, le grand air, du repos... Mais il y en a un que mon médecin a oublié de me prescrire: la lecture! Eh oui: car si les vitamines, le grand air et le repos permettent à mon corps de récupérer, la lecture, elle, fait des miracles pour mon esprit. A moi l'évasion directe dans les destinations les plus variées à modeste prix!
On me rétorquera sans doute que lire fatigue les yeux. C'est bien vrai! Mais quel plaisir de s'endormir en refermant le livre coupable de cet engourdissement et de se réveiller ensuite pour reprendre la lecture de plus belle. Vous ne trouvez pas?
Lorsque j'ai lu "Le Neuvième Treizième conte" (merci Lilly! On voit que je suis vraiment crevée :p C'est un de mes livres préférés!), il y a
quelques mois, j'avais souri de voir prescrire à l'héroïne malade la
lecture des œuvres d'Arthur Conan Doyle! Tout compte fait, il n'y a
effectivement pas de meilleur remède.
16 mars 2009
Pénélope B.
Titre La double vie de Pénélope B. / Very important Pénélope B.
Auteur Anne-Solange Tardy
Genre Girly, Chick lit'
Publication 2007-2008
Pages 342 - 360
Mon évaluation ***
Attention les mecs, littérature girly en vue!
En résumé
Un résumé s'impose-t-il alors que, j'en suis persuadée,
vous connaissez tous Pénélope B., la star du web! Non, non, je ne parle
pas de Pénélope Bagieu (l'illustratrice talentueuse que j'aime beaucoup)
mais bien de celle qui se cache derrière le pseudonyme mystérieux de...
"La Mouette". Son blog, "Une Mouette à Paris" est devenu LA référence
de la blogosphère hype et branchée. Critiques croustillantes des
travers parisiens,compte-rendu des soirées very select à ne
pas manquer, la vie de Pénélope est tout simplement fascinante (comme
celle de Pénélope Jolicoeur d'ailleurs même si il n'y a aucun lien,
j'insiste!) et attire quotidiennement des milliers d'internautes.
Mais qui se cache derrière cette icône de la branchitude? Pas
celle que l'on croit justement... Une jeune graphiste bretonne, venue
s'établir à Paris pour donner un nouveau tournant à sa vie, qui s'est
retrouvée finalement bien seule. Pour combler sa solitude, elle a créé
son propre blog. Malheureusement, le succès ne fut pas immédiatement au
rendez-vous. Heureusement, l'arrivée de New-York de son cousin Axel,
une vraie fashion victim, a tout changé. Pénélope s'est
retrouvée malgré elle emportée dans une série d'aventures et de
quiproquos plus inattendus les uns que les autres.
Mon avis
Ne cherchez pas frénétiquement sur Google,
Pénélope Beauchêne est bien évidemment un personnage fictif. Si le blog
"Une Mouette à Paris" existe bel et bien, c'est avant tout pour faire
la promo des livres rédigés par une blogueuse bien réelle, Anne-Solange
Tardy (du blog "Cachemire et Soie").
Légers, drôles et divertissants, les deux tomes qui racontent les aventures de cette blogueuse maladroite se dévorent en quelques heures. On rit beaucoup, on se reconnaît souvent (surtout si l'on est de sexe féminin et que l'on tient un blog) et on se désespère avec Pénélope et ses amis de toutes les mésaventures auxquelles elle est confrontée.
A un deuxième niveau de lecture, les livres d'Anne-Solange Tardy sont une porte à la réflexion sur les blogs à succès. Bien que l'auteur ne prenne jamais parti, on ne peut s'empêcher de sourire lorsqu'on découvre une Pénélope courtisée par les grandes marques, débordée par les mails d'encouragements ou d'insultes et les questions des journalistes. A noter que l'écrivain est elle-même, comme indiqué plus haut, blogueuse et s'est vue proposé par l'éditeur "First" la publication de son premier roman.
Attention, il s'agit malgré tout de "chick-lit'"! En d'autres mots, si vous ne supportez pas parler chaussures, sacs, shopping et amourettes et si les débats intérieurs intenses que l'on mène face à sa garde-robe au moment de choisir une tenue vous laissent de marbre, passez votre chemin... sauf si observer les fashion victims en proie aux affres de leur passion vous amuse.
Je dois personnellement à Anne-Solange Tardy et à Caroline, qui m'a prêté ces livres, quelques heures de divertissement pur et, de temps en temps, c'est tout ce que je demande à un livre. A recommander donc!
14 mars 2009
Toutes les questions que vous brûliez de me poser...
... ou pas! Attention, le billet qui suit n'a strictement aucun rapport avec la littérature mais, après tout, c'est le week-end! On peut bien se permettre de donner dans le léger et le people de temps en temps, non? En plus, ça s'assortit parfaitement au livre que je dévore en ce moment. Pour un peu, je me croirais dans la peau d'une star du web dont vous brûleriez de recueillir les confidences. Alors, préparez-vous, chers lecteurs: révélations imminentes!
- Un tag de Constance 36 -
Perles ou diamants?
Je serais tentée de répondre que "Diamonds are a girl's best friend" pour me la jouer Marilyn. Mais, à chaque fois que je mange des huitres, je caresse l'espoir fou d'y découvrir une perle, une vraie! (c'est mon côté chasseuse de trésors!). Mais comme je ne possède ni l'un, ni l'autre, je dirais les deux!
Cette réponse est un peu embrouillée, c'est vrai!
Ton dernier film vu?
"Che" (partie 1). Depuis, j'ai un fâcheuse tendance à sortir un tonitruant '¡ Viva la Revolución !', à chaque occasion qui se présente.
Ta série préférée?
Mmm difficile de trancher. J'aime beaucoup "Heroes" et "Battlestar Galactica" mais j'ai particulièrement adoré une mini-série fantastique peu connue "The Lost Room" (à voir absolument!).
Petit déjeuner préféré?
Pancakes au sirop d'érable et bon café!
Deuxième prénom?
Michèle
Quels aliments n'aimes-tu pas manger du tout?
La crème pâtissière, le pâté, les abats (réponse fréquente apparemment!).
Prénoms préférés du moment?
Eeuuh... Néant (pas comme prénom hein!)
Quelle voiture conduis-tu?
Celle qu'on veut bien me prêter! Une Ford Ka ou une Peugeot Partner.
Quels traits de caractère n'aimes-tu pas?
Oh, il y en a beaucoup! Les mêmes que tout le monde je suppose! La vanité, la condescendance, le manque de caractère aussi (je déteste les suiveurs), ...
Vêtements préférés?
Jolies robes, corsets, ... Tout ce qui ressemble de près ou de loin à des vêtements d'époques et qui sort du commun.
Si tu pouvais partir n'importe où, où irais-tu?
Pour l'instant, j'aimerais vraiment visiter les USA!
Où veux-tu passer ta retraite?
Trop tôt pour y penser!
De quel anniversaire te souviens-tu?
S'il s'agit des miens, au moins des 6 derniers ;-)
Date d'anniversaire?
22 septembre (comme Bilbo et Frodon! C'est ma petite fierté! :-D )
Si tu étais une couleur?
Je ne crois pas que je serai en train de répondre à ce questionnaire!
Chocolat ou vanille?
Chocolat noir praliné de chez Neuhaus (bon ok, j'ai un peu dépassé ce qui était demandé mais soit!)
Dernière personne au téléphone?
Mon copain
Sucré ou salé?
Plutôt salé!
Depuis combien d'années travailles-tu au même endroit?
2 années (et presque 4 mois).
Jour de la semaine préféré?
Vendredi, quand on sent le week-end approcher!
Je ne veux pas contagier trop de personnes donc, celles/ceux qui veulent, reprenez ce questionnaire et puis voilà!
11 mars 2009
Vous avez dit "cliché"?
Dans un thriller, il y a toujours un crime.
Dans un
harlequin, il y a toujours une histoire d'amour.
Dans un récit de science-fiction, il y a souvent des vaisseaux spatiaux.
Dans un roman de fantasy, il y a souvent une lutte entre le Bien et le Mal.
Et pourtant! Il se peut qu'on lise un bouquin qui rassemble tous les clichés du genre auquel il appartient et trouver néanmoins qu'il s'agit d'un sacrément bon livre.
Cette question de l'utilisation des clichés a été abordée lors du Café-rencontre auquel j'ai assisté à la Foire du Livre de Bruxelles. L'un des orateurs a exprimé la réflexion très juste que, finalement, en cherchant à éviter les clichés, l'auteur passe parfois à côté de son public. Finalement, l'amateur de thriller, par exemple, aime retrouver au cours de ses lectures une série de repères récurrents au genre: le crime, le suspense, les poursuites, les situations inextricables...
D'après moi, le tout est d'intégrer tous ces clichés et ressorts classiques du genre de manière suffisamment subtile pour qu'ils soient peu ou pas apparents ou alors, de les changer en clins d'oeil. Rien ne m'exaspère plus que de lire un roman de fantasy qui soit explicitement une "resucée" de Tolkien et pourtant, je peux apprécier une série comme Harry Potter qui emploie les clichés fantasy sans modération.
Et vous, quel est votre avis sur la question?
Merci à Karl pour ce magnifique montage!
09 mars 2009
Che, 1ère partie: l'Argentin
Réalisation: Steven Soderbergh
D'après "Reminiscences of the Cuban Revolutionary War" (mémoires d'Ernesto Guevara)
Année: 2009 (sortie en Belgique)
Genre: historique
Mon avis: ***
Steven Soderbergh signe une fresque historique puissante et passionnante
et dépeint avec subtilité la personnalité de celui qui, aujourd'hui, a
dépassé le statut de personnage historique pour celui de véritable
icône.
L'histoire
1956:
Fidel Castro rassemble une armée de rebelles au sein du "Mouvement du
26 juillet" pour renverser le dictateur cubain Batista. Parmi eux,
Ernesto Guevera, un jeune médecin argentin s'illustre en tant que
combattant et leader d'opinion et obtient rapidement le poste de
commandant. Deux ans de guérilla seront nécessaires pour renverser le
pouvoir en place...
Mon avis
Si réaliser un film convaincant sur
la vie du Che sans verser dans la démagogie, l'adulation ou la
condamnation est un exercice périlleux, incarner un symbole sans
devenir un cliché l'est encore davantage! C'est pourtant un pari que
Benicio Del Toro remporte haut la main. Il incarne un Che à la fois
charismatique et fragile (victimes de nombreuses crises d'asthme),
humaniste et impitoyable, brillant et autoritaire. Ce rôle lui a
d'ailleurs valu la Palme de l'interprétation masculine à Cannes.
Pour
ce film basé sur des réminiscences du Che lui-même, Soderbergh a opté
pour un montage fractionné qui bascule sans prévenir d'une époque à
l'autre, d'un événement au suivant... Parti pris étonnant, les scènes
illustrant la période de la révolution cubaine sont en couleurs tandis
que celles dépeignant le rôle d'Ernesto Gueverra comme Ministre de
l'Industrie sont en noir et blanc. Ces dernières (années 60) étant
pourtant postérieures à celles-là (fin des années 50).
L'utilisation de l'espagnol renforce le caractère réaliste du film et lui donne une couleur et une atmosphère inimitable.
On
ressort de la salle de cinéma comme d'une plongée dans un autre temps
et un autre lieu. Les idées défendues par les révolutionnaires cubains,
quant à elles, ne nous faussent pas compagnie. Une chose est sûre, je
serai dans la salle lors d'une des projections de la seconde partie de
cette fresque.





